Résumé

Portrait de Sarah Bernhardt Sarah Bernhardt Dans les nuages - impressions d'une chaise

Vive la vie, puisque la mort est au bout, s’écria Georges Clairin.
— Ah ! mais vous n’êtes pas gais, vous autres, reprit Louis Godard. Les idées tristes n’étant pas du voyage, vous chargez le ballon et nous descendons. Lestez, lestez... Au diable les pensées philosophiques !
Les voyageurs, riant de cette boutade, ouvrirent la cage aux papillons noirs. On dut vider un nouveau sac. Le malheur voulut que le lest tombât en entier sur une noce étendue sur l’herbe. Nous étions descendus avec une si grande rapidité que nous ne nous trouvions plus qu’à 500 mètres du sol.
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Il était bleu sombre, tout tacheté de nuages gris. Après dix minutes de route, la soupape de nouveau ouverte nous fit redescendre. L’aérostat était à droite de la gare et très-éloigné de son complaisant chef. — À l’ancre, maintenant ! dit le jeune Godard. Et une nouvelle corde fut suspendue dans les airs. Au bout était accrochée une ancre formidable. La corde mesurait 80 mètres. Les bruits arrivaient de terre, confus, mais aigus. Je ne pouvais comprendre ce que je voyais grouiller au-dessous de moi.
— Ah ! mon Dieu ! quel troupeau d’enfants ! s’écria doña Sol.
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Le ballon, couché à terre, respirait fortement. Les hommes pressaient ses flancs et le gaz s’échappait comme un souffle puissant. On eût dit une tortue gigantesque râlant. Les mailles du filet, estompées par la nuit, complétaient l’illusion en formant les écailles de la bête. Les hommes étaient trempés tant de sueur que de pluie. Doña Sol fut très-touchée de l’attention d’un garçonnet qui avait été lui chercher un parapluie.
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