André de Guerne

Résumé

André de Guerne Revue des Deux Mondes

L’Augusta voit le ciel descendre dans la mer.
Elle contemple au loin Byzance et ses collines,
Les églises en croix et les dômes cuivrés
Et, s’étageant là-bas, du côté des salines,
Les cirques lumineux et les remparts dorés.
Tout, la nature en fête et la Ville et l’Empire,
Trésors que l’œil pensif se lasse à dénombrer,
Tout ce qui charme, luit, s’épanouit, respire.
Naît pour vêtir sa gloire et vit pour l’adorer.
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André de Guerne Revue des Deux Mondes

Se mêle dans l’aurore et monte à l’horizon.
Et soudain l’Augusta songe qu’il est des hommes
Dont le commun destin souffle les vains flambeaux,
Et que les murs vantés des Milans et des Romes
Sont des abris d’un jour bâtis sur des tombeaux.
Adieu, clarté naissante, allégresse première.
Limpides voluptés, formes, parfums, couleurs.
Adieu ! L’ombre future obscurcit la lumière ;
La mort, comme un aspic, a jailli dans les fleurs.
L’Augusta dans la nuit qui flotte en sa prunelle
Suit la fuite de l’heure et des sorts inconstans
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