Anthologie des nouvelles du journal

Résumé

Anthologie des nouvelles du journal Floréal (Revue)

Je n’ai pu rester chez moi. De ma fenêtre, on ne voit ni la foule, ni les drapeaux. Et quand on est seule, il n’y a pas de fête.
Aloys n’a pas essayé de l’interrompre. Il l’écoute. Le son de cette voix correspondrait-il mystérieusement aux voix qu’on entend le soir lorsque, fatigué par les longues et vaines méditations, on songe tout à coup qu’une journée entière s’est écoulée, et que nul n’a recueilli le bénéfice du trésor d’amour accumulé en nous ?
— Alors même qu’il y a du travail pressé, ajouta-t-elle, on sent bien que le bruit de la foule veut qu’on fasse comme les autres.
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Anthologie des nouvelles du journal Floréal (Revue)

La foule, c’est comme le vide qui vous attire. Il semble qu’il ferait si bon de s’y laisser tomber...
Elle a dit ces mots avec tant de douceur, il y a tant de détresse dans cette créature, née, comme nous tous, pour l’orgueil de vivre, et qu’un destin inexorable enferme dans une captivité étroite et condamnée qu’Aloys n’a pu rien répondre. Mais dans un élan de protection, son bras s’est approché d’elle, et voici qu’elle y appuie le sien avec une sorte de tendre insistance et qu’ils partent ensemble en pèlerinage de joie.
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Anthologie des nouvelles du journal Floréal (Revue)

Aloys désigne du doigt à sa compagne l’affiche de couleur claire qui annonce un spectacle affriolant. N’entreront-ils pas ? Mais la petite main serre plus vivement le bras d’Aloys, et elle l’entraîne au loin.
— Non, non ! Je veux que cette journée soit toute pour moi. C’est mon tour !
Ils vont. Les rues succèdent aux rues. Partout des drapeaux flottent et partout flotte la grande rumeur de la foule. Parfois, ils s’arrêtent pour considérer avec une sorte d’indulgence souriante la brusque fantaisie d’un ivrogne ou le passage turbulent d’une chaîne de jeunes gens et de jeunes filles.
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