“ L’une est grêle, l’autre plus forte. Elles sautent de la voiture. Mazure a cessé de fumer sa pipe. Elles ne l’ont pas vu ; il est, d’ailleurs, gris et immobile. Dans sa poitrine, quelque chose remue un peu, sans qu’il se rende bien compte de son émotion. C’est sa femme et sa fille, ces deux êtres, cette paysanne solide et hardie, cette gamine de douze ans, aux cheveux lisses et au corset plat, pareille à un roseau grêle et jaune. Elles vont et elles viennent ; il est là, mais il n’existe pas encore pour elles. Il jouit du spectacle de leur vie de tous les jours, qu’il a devant les yeux. ”
Citations sur “Mazure”
“ T’as tout de même pas tout à fait la mine d’un déterré, bien que tu ne sois pas gras. T’es pas beau, c’est vrai ; faudra que tu te fasses raser si tu veux embrasser ta femme. Et il continuait ainsi, goguenardant et riant. Mazure se faisait petit, se rétrécissait sur sa chaise. Non, il n’était pas mort, mais il se sentait tout de même un peu étranger. Il s’asseyait au bord de la chaise comme « chez le monde ». Il avait toujours craint sa femme, qui était dure au travail, pour elle comme pour les autres. ”
Anthologie des nouvelles du journal, Floréal (Revue)
“ À gauche, l’écurie baîlle ; Mazure entre : trois vaches y ruminent, comme autrefois, mais l’une d’elles lui est inconnue. Il s’avance, tâte le pis de la bête, qui se détourne et meugle en bavant du foin de chaque côté de la bouche. — Allons, ça n’est pas mal tenu. Il fait le tour de l’enclos, sans hâte maintenant, le sourcil froncé sous un vieux calot. Son nez long, d’où semble sortir la touffe de poils de la moustache se tourne et flaire à droite et à gauche. Mazure échenille un arbre fruitier ; il regarde les citrouilles qui s’étalent, obèses et sans gêne, dans le potager ”
Sophie Mazure, Marie, ou l'Initiation. Tome 2 (1833)
“ Mais le fleuve bouleversé par les autans furieux calme ses flots irrités, et roule encore majestueux et tranquille à la face du soleil, qui l'enflamme sans le consumer. Cependant, on le vit souvent silencieux et pensif. Il cherche la solitude, il erre sur les montagnes, ou s'ensevelit dans les bois. Il revient visiter des lieux qui lui sont chers. — Il y reste long-temps absorbé,... et tantôt regarde le ciel et tressaille ”
Eugène Sue,
La Cour d'amour, ou Mylio le Trouvère…
(1869)
“ Mazurec pousse un cri de joie sauvage : l'imminence du danger, l'espoir de la vengeance, décuplent ses forces; il saisit sa fourche de sa main droite, et de la gauche traînant Alison derrière lui; guidé par la lueur rougeâtre projetée sur l'issue du souterrain, le vassal manoeuvre de sa fourche pour se frayer un passage à travers la foule éperdue, renverse les uns, passe sur le corps des autres, et arrive non loin du foyer de feu et de fumée, dont les abords sont jonchés des cadavres. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Ah ! quelle réception ! Tante Maure avait dû faire mettre les petits plats dans les grands ! Des gâteaux, des crèmes, et tous les paquets dépliés des Gerbies répandirent avec profusion sur la table les plus appétissantes friandises. Liette n’avait eu garde d’oublier le bouquet qu’on lui avait confié, et cette charmante attention de tante Minette pour flatter le goût passionné d’Élodie Mazure pour les fleurs loi assura instantanément les bonnes grâces de la vieille demoiselle. D’après Liette, la grande tante Mazure devait bien avoir au moins cent ans. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ À l’aspect inattendu de Mazurec, effrayant de rage et brandissant sa fourche, les Anglais et les gens du bailli reculent frappés de stupeur ; mais le vassal, courant sus au bailli, lui enfonce son fer dans le ventre, le renverse, s’acharne sur lui avec furie, le foule aux pieds, continue à le cribler de coups à travers le corps, à travers la figure, partout enfin où il peut l’atteindre, et disant à chaque blessure : — Tiens, voilà pour Aveline, que tu as traînée au lit de ton seigneur !... Tiens, voilà pour Aveline, que tu as fait mourir étouffée ! ”
Eugène Sue,
La Cour d'amour, ou Mylio le Trouvère…
(1869)
“ A cet appel déchirant, Mazurec relève et tourne vivement la tête vers la fenêtre d'où est parti le cri... mais au même instant l'éclair de la hache des bourreaux, qui s'abaisse et frappe, luit aux yeux de Mahiet, le corps de son frère s'affaisse... sa tête roule sur la plate-forme de l'échafaud qu'elle arrose de jets de sang. L'Avocat d'armes est saisi de vertige, le coeur lui manque, il chancelle et tombe privé de connaissance. ”
Adolphe Mazure, Notice nécrologique sur M. Mazure… (1829)
“ M.MAZURE, inspecteur-général des études, enlevé par une mort prématurée aux lettres et à ses nombreux amis, était un de ces hommes à la mémoire desquels l'Université doit quelque reconnaissance , pour l'éclat qu'elle en a reçu, pour les services de toute une vie qu'ils lui ont consacrée. Faire connaître dans une notice nécrologique les principaux traits de leur carrière essentiellement universitaire, c'est en même temps jeter un coup d'oeil rapide sur les diverses phases île l'instruction publique durant les trente années de ce siècle. ”
Anatole France,
Monsieur Bergeret à Paris
“ Et M. Bergeret dit en souriant : — Voyez ces gens qui dînent dans l’ombre favorable. Ces petits panaches blancs, et tout au fond, sous ce grand arbre, ces roses sur un lampion de paille de riz. Ils boivent, ils mangent, ils aiment. Et pour cet homme ce sont des additions. Ils ont des instincts, des désirs, peut-être même des pensées. Et ce sont des additions ! Quelle force d’âme et de langage ! Cet officier de bouche est grand. — Nous avons dîné bien agréablement, dit M. Mazure en se levant de table. Ce restaurant est fréquenté par les gens les plus huppés. ”
Eugène Sue,
La Cour d'amour, ou Mylio le Trouvère…
(1869)
“ Le sire de Nointel fit rebâtir le moulin dévasté. Dieu sait les taxes qu'il nous imposa, à nous, ses vassaux, pour s'indemniser des frais de sa campagne contre le seigneur de Beaumont. Mazurec rentra comme garçon chez le nouveau meunier;. Chaque dimanche, en venant à là messe, Mazurec s'arrêtait ici pour nous remercier de notre amitié pour lui. Il n'est pas dé coeur plus reconnaissant que le sien. ”
A. Dauverné, Huit leçons d'agriculture, de chimie agricole… (1871)
“ Le gaz acide carbonique rend ce service immense et nous voyons, par l'expérience cidessus, le sel favoriser l'absorption des phosphates dans l'économie entière des animaux. Disons encore que M. Mazure se sert dans ses ouvrages du mot exact, de cuisine des plantes, en parlant des préparations par lesquelles passent les agents minéraux et organiques, pour arriver a devenir une nourriture assimilable ; c'est en effet une véritable cuisine pour elle, puisqu'en leur servant des mets non préparés, elles sont exposées à mourir de faim. ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ Tout le long du rivage, des Hindous se plongent dans les eaux saintes du fleuve. Ni le mouvement du quai, déjà plein de travaux, ni celui des barques et des canots qui ont peine à se faire jour à travers ces masses compactes, rien ne dérange les baigneurs. ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ Au milieu d'un lac qui a plus d'une demi-lieue de diamètre s'élève une île de rochers couronnée d'un superbe palais. Les montagnes et les collines sont chargées d'arbres et de belles fleurs aromatiques; les canaux sont bordés de rocs arrangés avec tant d'art, qu'ils imitent parfaitement ce que la nature a de sauvage et de désert. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Cela n’est que trop vrai, et souvent aussi les hommes abandonnent ensuite la pauvre fille et ne l’épousent pas. Mais ni Aveline, ni Mazurec n’avaient de ces mauvaises pensées ; possédant de quoi se racheter, ils ne demandaient qu’à se racheter honnêtement. La messe dite, Mazurec retourne au château, portant son argent dans une pochette suspendue à sa ceinture. Il rencontre un chevalier qui lui demande la route de Nointel, et, le croiriez-vous, messire ? ”
A.-Richard Penart, Les courses raisonnées : guide du parieur
“ Parmi les jeunes chevaux, Johannisberg, Jeannette et La Mazure sont inédits. On me dit que le premier galope et qu'il semble avoir de la tenue, mais qu'il est d'un entraînement difficile. Mâconnais et Hyène ont médiocrement couru dans des prix à réclamer, et je doute qu'ils gagnent une course cette année. Double Tour est le seul qui galope un peu dans ce lot de selling-platters. C'est un poulain très vite et bien construit, et je ne serai point surpris de lui voir gagner un handicap à Vincennes, dont la montée lui convient, ou à Maisons-Laffite. ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ Elle occupe, le long du fleuve, un espace de deux lieues, et renferme, avec ses faubourgs, une population que l'on peut, sans l'exagérer, évaluera plus d'un million. En 1717 tout l'espace qu'elle couvre n'était guère qu'une forêt sauvage, solitaire, éclaircie sur les bords du Gange par des mares, de petits lacs, au milieu desquels s'élevaient deux hameaux habités par des cultivateurs et des bateliers. ”
Adolphe Mazure, Notice nécrologique sur M. Mazure… (1829)
“ Cependant la légitimité et la paix furent rendues à la France avec la seconde restauration ; les événemens se précipitèrent; le temps entraîna les choses et fit disparaître les hommes. Fontanes précéda Lebrun dans la tombe. L'Université encore flottante, et sans administration fixe, voyait pourtant de l'avenir dans la commission provisoire que présidait M. Royer-Collard. A cette époque, en 1817, M. Mazure fut nommé membre de la Légion-d'Honneur, et inspecteur-général des études. ”
Adolphe Mazure, Notice nécrologique sur M. Mazure… (1829)
“ Le livre de M. Mazure se distingue des * Un vol. in-8°, publié par Eymery, en 1821. ( 10 ) nombreux ouvrages sur le même sujet par une grande impartialité. Les ouvrages de Voltaire y sont appréciés sans passion et avec une haute critique littéraire. Il ne se croyait pas assez fort, comme il le disait lui-même, pour faire accroire à la génération que Voltaire était un sot ou tout au moins un méchant rimeur *; car, disait-il, les jeunes gens à qui l'on a voulu persuader ces belles choses, à peine sortis du collège, s'aperçoivent trop vite que Voltaire a beaucoup trop d'esprit ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ Maîtresse de la mer, centre du commerce de l'Orient, attirant de tous les pays à ses marchés tout ce qui pouvait l'enrichir par la vente ou l'échange des marchandises de luxe, devenue nécessaire et redoutable à tous les peuples, qu'elle traite en nations assujetties, insultant au malheur de Jérusalem, et continuant à la dépouiller de ses plus précieux trésors pour en faire hommage aux infâmes divinités qu'elle adorait, telle fut Tyr; elle mérita qu'enfin le Ciel fît éclater sur elle les menaces de sa colère. ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ L'air y est doux, tempéré par le voisinage de la mer, dont la surface polie et bleuâtre attire et captive les regards , tandis qu'on se sent environné des trésors de toute espèce. Les champs sont toujours fleuris , couverts de riches céréales, de vignobles et d'arbres fruitiers dont les branches plient sous le faix. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ Par cette famille, ou cette branche de mots, expliquez Mirage, nom moderne d'un phénomène très-connu, effet d'optique, sur la mer et dans les déserts, l'apparition d'îles verdoyantes et d'oasis qui éveillent l'espérance, et charment le cœur imprudent. Au moral, on peut dire que la vie entière est pleine de mirages qui consolent parfois, mais qui désolent aussi parce qu'ils sont trompeurs et fugitifs. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ SOURCE, it. sorgente, l'eau vive qui jaillit du rocher ou de la terre et devient ruisseau ; au fig. origine, le point d'où sort une chose; un style qui coule de source, qui n'est pas d'emprunt, qui est vif et pur. — L'origine d'une chose est son commencement; la source emporte quelque idée de cause ; on remonte à la source, c'est plus qu'au point de départ. — Le mot source, comme l'indique l'italien, vient du verbe lat. surgere, par l'intermédiaire de l'inusité sourdre, le même que surgir, dans le sens de jaillir, sortir de terre, en parlant des eaux. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ TUDESQUE, voy. Teuton. TUER, ôter la vie, par volonté ou par imprudence; on est tué par le fer et par le feu, non par l'eau ni par le poison. C'est le terme général pour marquer la mort reçue en combattant. — Se prend hyperboliquement dans une acception adoucie, se tuer de fatigue. — Tuerie, lieu où l'on tue les animaux; meurtres nombreux, plutôt par accident ou par malheur que par volonté, ce qui serait alors un massacre. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ La pureté est la chasteté en ce qu'elle a de plus intime et de plus excellent. C'est l'innocence dans les discours, dans les pensées, de sorte que le cœur soit comme une eau pure dont rien ne trouble la surface, et qui ne cache rien dans ses profondeurs. — Purifier, rendre pur; on purifie les objets souillés, l'eau corrompue, le sang, l'air, les métaux par le travail de la fonte ; au moral surtout on est purifié, l'âme se purifie des souillures qu'elle a contractées par le péché ; la purification du corps est l'emblème de celle de l'âme. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ LANDES, terres incultes, couvertes de bruyères, et d'autres plantes stériles, les déserts des régions occidentales. Diffèrent des friches, en ce que celles-ci sont incultes, non par nature, mais par désuétude; ce sont des terres en repos qu'il s'agit de rendre en culture ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ Sous les Carlovingiens, la maison, devenue plus étroite, plus resserrée, plus semblable à une forteresse, est comme un symbole en petit de la féodalité alors croissante ; partout d'étroites fenêtres, le cintre partout avec des voussures multipliées comme aux portails des églises romanes. Au treizième siècle la maison prend le caractère de l'architecture en vogue; l'ogive aux portes et aux fenêtres, les murs épais, les tourelles qui flanquent les angles de l'édifice, lequel lui-même se développe carrément avec d'assez justes proportions. ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ Les collines boisées qui bornent cette plaine à l'est, ses îles chargées d'arbres verts, les différents bras du Danube qui la sillonnent et qu'anime une active navigation, les montagnes lointaines qui bornent l'horizon, tout contribue à rendre le bassin dans lequel s'élève la ville impériale une des plus belles situations qui aient été destinées à recevoir une capitale. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ VAGUE, lat. vagus, qui n'est pas fixe, qui n'a pas de bornes précises ; terrains vagues, pensées vagues, indéterminées. —Vaguer, errer çà et là; ajoute à l'idée d'errer, celle d'aller à l'aventure, sans but; l'homme qui erre est l'homme égaré; l'oisif est celui qui vaguer l'esprit peut errer, c'est l'imagination qui vague. —Vaguement, d'une manière confuse.— Vagabond; le verbe vaguer à peu près inusité a laissé ce dérivé, dont le sens est fort déterminé, un misérable, sans asile, sans feu ni lieu. ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ Ce qui fait la principale beauté de Copenhague, c'est sa position maritime, moins belle pourtant que celle de Stockholm, car la ville se déploie à fleur d'eau, sans aucun de ces escarpements qui diversifient si singulièrement l'aspect de la cité suédoise. C'est une ville régulière, ayant de belles rues, de belles maisons, de superbes places. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ NUIRE, lat. nocere, faire tort, causer du domnialge. - Nuisible, qui peut nuire, se dit au physique et au moral; on peut être nuisible au corps, à l'esprit, au cœur. Nuisible diffère de malfaisant en ce que celui-ci fait le mal par nature, pour le faire, tandis que le nuisible peut bien ne le produire que par circonstance. Quant au synonyme, pernicieux, c'est le dernier degré de la chose nuisible, en tant qu'elle va à détruire. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ POISON, substance qui, prise intérieurement ou appliquée au dehors, est capable de détruire ou d'altérer les fonctions de la vie. Empoisonner, — s'emploie au moral comme au physique; on dit le poison des mauvaises doctrines, le souffle empoisonneur du vice, les mauvais romans qui empoisonnent, qui corrompent l'esprit et le cœur; l'ennui est le poison lent de l'existence. - De polio, boisson, un mot qui n'a pas de portée étymologique, n'indiquant pas la nature de la chose bue. ”
Adolphe Mazure, Illustrations, ruines et souvenirs des capitales anciennes et modernes (1852)
“ C'est une vaste forêt coupée en deux parties par le fleuve, traversée par six grandes allées de marronniers, et entrecoupée de vertes prairies où l'on voit des cerfs familiers que les promeneurs à pied, à cheval, en équipage, n'effrayent pas. D'autres promenades, telles que le Brigitten-au et l'Augarten, se joignent au Prater et contribuent à sa beauté. ”
