L. Savary

Résumé

L. Savary La Tour de la lanterne (1906)

En route, père Malaquin, reprit-elle avec autorité. Pauvre père Malaquin ! ma douleur n’a d’égale que votre lassitude ! »
Une fois au bas de l’allée des peupliers, qui formait l’avenue des Gerbies, elle se retourna vers la maison qu’on distinguait à peine.
« Façade de mensonges ! s’écria-t-elle, dans un sanglot. Pourquoi m’y avoir tạnt aimée, quand j’étais petite fille ? pourquoi y avoir pris et gardé mon cœur et mes sourires, pour me rejeter aujourd’hui avec mon amère douleur ? »
Tout en murmurant son désespoir, Liette suivait le père Malaquin dont elle avait repris la roue.
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L. Savary La Tour de la lanterne (1906)

Ah ! que vais-je devenir ? J’aime mieux me jeter à l’eau. Qui sait si elle n’y est pas tombée ? »
Et prenant sa tête à deux mains, la malheureuse bonne se mit à sangloter.
« Mais quelle est donc cette enfant ? interrogea quelqu’un.
— C’est la petite-fille de M. Baude.
Comment ! la petits Liette ! Ah ! quel malheur ! cherchons, cherchons encore !... »
La nuit commençait à envelopper la rive d’un voile brumeux ; les becs de gaz s’allumaient comme des flammes de veillées funèbres, et la mer, en clapotant sur le granit du bassin, montait lentement.
Zélia pleurait à chaudes larmer.
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L. Savary La Tour de la lanterne (1906)

Elle s’empara du petit paquet de ses vêtements, et sans bruit ouvrit la porte du cottage. Elle se disposait à la franchir, lorsqu’une ombre se dressa devant elle.
« Maudit soit le jour où vous êtes entrée dans ma maison ! lui cria Mrs Moore. Oui, maudit soit ce jour, car vous n’y avez apporté qu’affliction et malheur ! Que le désespoir vous accampagne et ne vous laisse plus !
— Je n’ai rien fait, répondit Liette, pour mériter cet anathème. Ce n’est pas moi qui suis allée chez vous ; on m’y a portée. Je ne crois pas que le ciel vous exauce ; il est sourd aux désirs des méchants. »
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