Gustave Guillaumet,
Tableaux algériens
(1891)
“ Quelques cris étouffés dans le jet de sang qui rougit le carrelage, un dernier battement d'ailes aux pieds d'Annette ébahie, ont vite clos ce petit massacre, après quoi le caïd essuie sa lame au duvet d'une des poules avant de la remettre dans la gaine pendue à son côté. On ne peut faire avec plus d'aisance et de dextérité. Pas une gouttelette de sang n'a taché ses mains ni rejailli sur son burnous. L'art de tuer, de dépecer les animaux servant à la nourriture de l'homme, ne fait-il pas partie des connaissances pratiques que tout nomade acquiert au cours d'une vie aventureuse? ”
