Joseph Bédier,
Le Roman de Tristan et Iseut
“ La reine songea: «D’où vient cette mélodie?...» Soudain elle comprit: «Ah! c’est Tristan! Ainsi dans la forêt du Morois il imitait pour me charmer les oiseaux chanteurs. Il part, et voici son dernier adieu. Comme il se plaint! Tel le rossignol quand il prend congé, en fin d’été, à grande tristesse. Ami, jamais plus je n’entendrai ta voix!»La mélodie vibra plus ardente.«Ah! qu’exiges-tu? que je vienne! Non, souviens-toi d’Ogrin l’ermite, et des serments jurés. Tais-toi, la mort nous guette... Qu’importe la mort! Tu m’appelles, tu me veux, je viens!» ”

