F.-E. Belly

Élements biographiques

F.-E. Belly Napoléon, ses exploits et sa mort… (1830)

La victoire à ses yeux ne paraît plus qu'un songe, Et dans d'amers pensers sa grande ame se plonge: Toujours accoutumé dans ses glorieux jours Au respect des vaincus, à l'encens de leurs cours, Dans la morte Moscou, cette ombre si hideuse, Sa gloire sera donc sombre et silencieuse?
Morne comme Palmyre et les murs de Memnon, Moscou ne dira pas : « Voilà Napoléon ! »
Lui qui venait dompter l'empire d'Alexandre N'aura donc pour sujets qu'un vaste amas de cendre ?
Et c'est sur des débris , et sous un ciel de fer,
Qu'il bravera la faim, le Cosaque et l'hiver?
Source : Gallica

F.-E. Belly La Savoie, Chambéry, Aix-les-Bains… (1868)

C'est l'homme, pour qui Dieu fit tout exprès un moule ; Moule qu'après son œuvre, il se mit à briser, Pour que, dans l'avenir, en maître de la foule, Nul ne pût le rivaliser.
En signe d'amitié, ces guerriers, l'arme basse, Viennent, bénis de tous, replacer sans terreur, Leur chef sur son vieux trône, et la phalange passe Au cri de Vive l'Empereur !
C'est que, plus grand que ceux de France et de Navarre, Ce prince affrontant le danger, Ne rentrait pas comme eux, de son sang trop avare, Dans les fourgons de l'étranger.
Source : Gallica

F.-E. Belly Napoléon, ses exploits et sa mort… (1830)

Un noir pressentiment s'est glissé dans son cœur: « Quelques lâches peut-être ont forfait à l'honneur!. »
Entend-on murmurer l'amazone à voix basse, Et de son cœur flétri l'espérance s'efface.
Tout-à-coup à ses yeux paraît un vieux soldat ; Ses habits sont souillés du sang d'un long combat, La douleur est empreinte en son regard terrible.
C'était un vétéran de la garde invincible; Il portait dans ses mains l'aigle des grenadiers ; La foudre avait brûlé ses antiques lauriers, Et d'un sang généreux elle était tout empreinte.
Source : Gallica

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