Résumé

Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Œuvres complètes de Casimir Delavigne

Frères, c’était du sang que nous versions pour vous,
Polonais, à la baïonnette !
C’est le cri par nous adopté ;
Qu’en roulant le tambour répète :
À la baïonnette !
Vive la liberté !
O vous du moins dont le sang glorieux
S’est dans l’exil répandu comme l’onde,
Pour nous bénir, mânes victorieux,
Relevez-vous de tous les points du monde !
Qu’il soit vainqueur, ce peuple, ou martyr comme vous.
Sous les bras du géant, qu’en mourant il retarde,
Qu’il tombe à l’avant-garde
Pour couvrir de son corps la liberté de tous !
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Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Œuvres complètes de Casimir Delavigne

Froide et tremblante encore au sortir de tes ondes,
Dans le sein qu’il couvrait de ses ailes fécondes,
Un dieu versait la vie et l’immortalité ?
C’en est fait ; et le cygne, exilé d’une terre
Où l’on enchaîne la beauté,
Devant l’éclat du cimeterre
A fui comme la liberté.
O sommets de Taygète, ô rives du Pénée,
De la sombre Tempé vallons silencieux,
Ô campagnes d’Athène, ô Grèce infortunée,
Où sont pour t’affranchir tes guerriers et tes dieux ?
Ils sont sur tes débris ! Aux armes ! Voici l’heure
Où le fer te rendra les beaux jours que je pleure !
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Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Œuvres complètes de Casimir Delavigne

L’Europe doit t’absoudre, en lançant l’anathème
Sur tes tristes imitateurs.
La gloire n’appartient qu’aux talents créateurs ;
Sois immortel : tu fus toi-même.
Il brille d’un éclat que rien ne peut ternir,
Ce tableau de la Grèce au cercueil descendue,
Qui n’a plus de vivant que le grand souvenir
De sa gloire à jamais perdue.
Contemplez une femme, avant que le linceuil [3]
En tombant sur son front brise votre espérance
Le jour de son trépas, ce premier jour du deuil
Où le danger finit, où le néant commence :
Quelle triste douceur ! Quel charme attendrissant !
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