André Baillon

Résumé

André Baillon,  Histoire d’une Marie

“ Sauf quand ils meurent, c’est dur un homme. Mais Henry ! Henry, drôle de petit bonhomme, Henry : « Tu es maman », Henry, si bien entre les roses, celui-là, on t’aurait dit : « Bast, comme les autres... et tu pleureras », tu aurais répondu : « Ce n’est pas vrai » ; tu aurais pensé : « Henry autrefois malade, Henry que j’ai soigné, que la Mort vienne donc, la Mort même ne pourrait me le prendre... »
Pauvre Marie, n’étais-tu pas un peu comme cette autre Marie, dont le vrai Fils, parce qu’il voulait, avec de l’eau, faire du vin, répondit : « Femme, qu’y a-t-il de commun entre nous ? »
”
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André Baillon,  Histoire d’une Marie

“ N’est-ce pas Henry qui avait dit : « Je pense quelquefois à la femme comme au suicide ? »
On devint un lamentable Henry. Des gants clairs, un chapeau melon, des moustaches qui pointent, un portrait où l’on est bien entre les roses, ouais ! ouais ! Mais, sous ce chapeau, le regard par terre ; malgré ses gants, des camarades que l’on fuit ; au journal, tout pagha que l’on soit, des patrons qui commandent, et à ce qu’ils commandent, tant qu’on veut penser « zut » et quand même répondre « oui ». À tout ce que la vie commande, penser « zut » et pourtant « oui ».
”
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André Baillon,  Histoire d’une Marie

“ Henry serrait des lèvres à se taire, Émile soulevait des gestes, Émile riait largement avec sa large bouche. Il avait des dents solides comme on en voit planter dans une pomme. Il mordait dans la vie comme dans une pomme ; il croquait tout : la chair, les pépins et la peau.
Il dit :
— Mon vieux, je suis peintre. J’ai ma couleur, j’ai ma palette, j’ai mon œil. Vlan ! avec mon œil, je regarde, vlan ! ma couleur je la colle... tu vois... comme ça, puis comme ça... c’est une œuvre.
Il réfléchit :
— J’ai vu ce matin un paysage.
”
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