Amédée Achard

Amédée Achard

Résumé

Portrait de Amédée Achard Amédée Achard Revue des Deux Mondes

Tu es belle, avec quelque chose de joyeux où la franchise éclate ; tu as la voix séduisante, les yeux pleins de flammes : quelqu’un te verra et t’aimera. Un jour tu te marieras. Que deviendrai-je alors ? Cette pensée que tu quitteras La Grisolle, que tu m’oublieras, m’a donné le frisson.
— Mais toi-même... penses-tu ne jamais te marier ?
— Oh ! moi,... on ne m’a jamais vue ; je suis dans ton ombre !
Quelque chose de chaud et de pénétrant envahit le cœur de Marthe. Elle enveloppa Marie de ses bras. — Va, mon enfant, compte sur moi !
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Marthe dévorait sa sœur des yeux ; cette réponse la bouleversa : elle vit Marie perdue à jamais, ensevelie dans les murs glacés d’un cloître ; elle l’entoura de ses bras comme pour la retenir. — Moi vivante, tu serais religieuse !...
Un instant les deux sœurs confondirent leurs larmes ; la Javiole les surprit, et leur annonça que M. de Savines était à la maison et les demandait. Marthe se dégagea des bras de Marie. — Va le recevoir, dit-elle ; tu lui diras que je suis en course ou fatiguée, ce que tu voudras... Tu sais qu’il aime la musique, vous chanterez ensemble.
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Marie porta les mains à son visage et tomba dans les bras de Marthe effarée, sans haleine.
— Eh bien ! oui ! dit-elle.
— Toi ! toi ! reprit Marthe d’une voix étranglée. Elle saisit Marie par les épaules et la regarda en face.
Marie se leva et s’éloigna en chancelant ; la voix de Marthe lui faisait peur. La Javiole était par là qui donnait du grain à sa poule noire. Marthe courut à elle, sans trop savoir ce qu’elle faisait, et, l’entraînant par le bras, la conduisit jusqu’à la place que Marie venait de quitter. — Regarde ! dit-elle, elle l’aime donc ?
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