“ Mais il faut songer que, malgré toute ma volonté, malgré toute ma résistance, j'aimais la marquise Gianelli au point de la guetter par les rues où je savais qu'elle dût passer, de la suivre, en me cachant, dans ses promenades. Or, pendant les journées et les nuits qu'illumine, assombrit ou nuance un jeune amour, alors qu'on s'est dit à soi-même, comme en jetant les cartes: «Eh bien! voilà, c'est fait: je l'aime. J'ai perdu...» on dévide millimètre par millimètre le fil de sa vie. J'ai passé par les émotions d'une année peut-être, en huit jours, tandis que je doutais de Marie-Dorothée. ”
Marcel Boulenger
Résumé
“Le fourbe”, est une œuvre de Marcel Boulenger. Des thèmes tels que Yvonne, marquise Gianelli ou Marie-Dorothée y sont abordés.
Citations de Le fourbe (Marcel Boulenger)
“ Je suis heureuse de vivre en un temps qui a produit Stéphane Courrière. Il m'a trompée vingt fois, délaissée et bafouée... oui, bafouée! Peut-être m'eût-il livrée en spectacle, au besoin... Mais je lui pardonne, parce qu'il m'a montré la Beauté, et que chaque jour il la fait jaillir des moindres choses. Je servirai toujours, si je le puis, son œuvre et sa renommée... Pourtant je souffre comme la dernière des mendiantes auprès de lui. Je ne compte pour rien à ses yeux. Il estime que tout dévouement lui est dû. Il n'est qu'un tyran ivre de courtisaneries, et qu'un monstre de vanité... ”
“ C'était à moi d'écrire sans doute: mais rien que la pensée d'avoir à me rappeler des images de luxe et de grâce m'était pénible, et pis, impossible. Je ne songeais qu'à Yvonne écrasée de peine, et je n'étais qu'à mon chagrin.Je n'en aimais pas moins le souvenir de Marie-Dorothée, cependant. Toutefois un ouragan m'avait emporté, la vague m'avait roulé comme un fétu. Il me fallait d'abord revenir à la surface, puis nager longtemps sur la mer calmée, avant que de retrouver le sens d'abord, ensuite mes rêves. Ce n'est pas dans la tempête que l'on entend chanter les Sirènes. ”
