Maurice Griveau

Résumé

Maurice Griveau Histoire esthétique de la nature… (1927-1930)

Le chien du Mont Saint-Bernard est, par sa fonction, si sympathique, qu'il pourrait être laid sans qu'on cesse de l'admirer ; mais il se trouve qu'il est beau ; la beauté morale, si je puis m'exprimer ainsi, est, chez lui, jointe à la beauté physique. La variété à poil long est plus séduisante à l'œil que celle à poil ras ; mais qu'importe au voyageur enseveli dans la neige, lorsqu'il sent sur sa face glacée la moiteur d'un museau, et que, rouvrant les yeux, il voit ceux, si doux, si compatissants, de son sauveur à quatre pattes.
Source : Gallica

Maurice Griveau Histoire esthétique de la nature… (1927-1930)

La beauté du ciel (de jour ou de nuit) , c'est de paraître immobile ; celle du paysage, de la montagne, de l'être en réalité ; celle de l'océan, d'avoir un mouvement régulier, monotone ; la beauté de la plante, c'est de se mouvoir sur place, sans bouger ; celle de l'animal, de marcher sur quatre membres ; et celle de l'homme, de s'avancer, debout, sur deux seulement ; de diriger ses bras librement et de tourner ses mains comme il veut, enfin de mobiliser aisément les traits de son visage, afin qu'ils reflètent au dehors ses sentiments et ses pensées.
Source : Gallica

Maurice Griveau Histoire esthétique de la nature… (1927-1930)

Que ce soit la Vénus du Titien ou la Beatrix Cenci du Guide, ou la Tête de cire attribuée à Raphaël, ou tout simplement une beauté célèbre comme Madame Récamier, le langage spontané de l'admiration témoigne de cet oubli profond du rôle dévolu par la Nature à chacun des traits : « L'admirable tête ! » s'écrie-t-on ; « La charmante physionomie ! » « Quelle pureté de lignes dans ce nez, quel velouté dans ces prunelles ! » On vante le contour de l'oreille en conque délicate, l'arc si bien dessiné des sourcils, la frange des cils, l'incarnat des lèvres, le souple ondoiement des cheveux.
Source : Gallica

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