Marguerite Mauran

Résumé

Marguerite Mauran Du temps que les bêtes parlaient… (1925)

Si le nom de ménagerie Evoque un paradis dans l'esprit des enfants, Et même fait passer dans le coeur de plus grands Des lieux lointains la nostalgie, Des animaux il désigne l'enfer.
La mort aurait été moins dure Que, tout vivants, l'entrée en sépulture, Et la cage après le désert.
Celui qui plus fier est, plus vite s'y dégrade : J'ai vu là le lion malade
Endurer, d'injures couvert,
Ce que nul chien n'aurait jamais souffert.
Mettre à l'étroit ce qui vivait d'espace ! Mettre au repos l'essor qui jamais ne se lasse !
Source : Gallica

Marguerite Mauran Du temps que les bêtes parlaient… (1925)

Au foyer qui l'avait vu naître Un chat coulait ses jours dans la félicité Ayant, au cours du temps, avec art inventé Mille moyens d'accroître son bien-être :
Les délices du feu l'hiver,
L'été, le somme au frais et, par l'ombre couvert, Les oiseaux dormants, douce proie.
Il ne rêvait pas d'autre joie.
Le sort, un jour, lui donne un chien pour compagnon, Né pour la chasse et non pour garder la maison,
Bête aux membres puissants, peu faite pour se plaire Comme le chat, à vivre sédentaire.
Source : Gallica

Marguerite Mauran Du temps que les bêtes parlaient… (1925)

LE GRILLON ET LES FOURMIS
Un enfant détruisit un jour, par passe-temps, Les dômes d'une fourmilière Active, peuplée et prospère.
Et la panique, en peu d'instants,
— Va et vient, foule noire aux portes entassée —
Naît, s'étend, se voit dissipée.
L'insecte, sur-le-champ, retourne à son labeur ;
Traîne, pousse, fouit, comme avant son malheur.
Source : Gallica

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