Jeanne Antelme, Revue des Deux Mondes
“ Quand nous ancrâmes à la pointe de cette fameuse presqu’île de Gallipoli, juste entre le cap Tépé et le cap Hellès, j’eus comme un grand coup au cœur... J’eus froid, tellement froid... Il y avait dans le ciel de grands nuages lourds et tristes, les grands nuages de noir présage. Le vent du Nord, glacial, fouettait sans trop de hâte, jetant son suaire de cimetière sur les eaux, sur la terre. J’étais à l’entrée des Dardanelles et je savais l’immense cimetière que représentait ce bout de terre... Seddul-Bahr était là, à portée des yeux, tout haché, sa mosquée défoncée. ”
