“ Qu’elle pleure à présent sous les remparts : l’haleine Des peupliers d’en haut est pour la seule brise. Amis, c’est la nappe, sans reflets, sans source, grise — Un vieux dragueur, dans sa barque immobile, peine. ”
Citations sur le dragueur
George Sand,
Oeuvres de George Sand. Piccinino…
“ Alors le dragon épouvanté revint vers ceux qui l’avaient envoyé, et leur dit : — Vous voyez ce qui arrive ; toutes les créatures se rangent sous sa loi, celui-ci est le roi de la terre, et l’esprit de Dieu est en lui. — Et le dragon étendant ses ailes, l’esprit de ténèbres qui était en lui s’envola, et sa dépouille restant par terre, l’étranger la ramassa, la regarda, et s’en fit un vêtement pour traverser les régions froides. ”
Le livre des ballades allemandes (1882)
“ LE COMBAT AVEC LE DRAGON POURQUOI tout ce monde à courir ? Pourquoi se porte-t-on de ce côté — en criant le long des rues ? — Rhodes s'écroule-t-il dans les flammes de l'incendie ? — On s'attroupe, on se presse. — C'est un chevalier, droit sur son cheval, — que j'aperçois au-dessus de la foule ; — derrière lui, quel prodige ! — on amène, on traîne un monstre, — qui semble par sa forme être un dragon, — avec une large gueule de crocodile. — Et tous contemplent émerveillés tantôt — le chevalier et tantôt le dragon. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Derrière lui... ô surprise ! on traîne un animal dont le corps est d’un dragon et la gueule d’un crocodile, et tous les yeux se fixent avec étonnement, tantôt sur le monstre, tantôt sur le chevalier. Et mille voix s’écrient : « Voilà le dragon !... venez le voir !... Voilà le héros qui en a triomphé ! Bien d’autres sont partis pour cette périlleuse entreprise, mais aucun n’en était revenu... Honneur au vaillant chevalier ! » Et la foule se dirige vers le couvent où les chevaliers de Saint-Jean se sont à la hâte rassemblés en conseil. ”
Vasile Alecsandri,
Les Doïnas
(1853)
“ Ah ! reste ici, de grâce. — Bel ange des étoiles, aux yeux noirs comme le fruit de l'aubépine, au front blanc comme le lis ! tous les dragons de la terre tremblent et s'humilient à mon nom. — Héros jeune et célèbre, au casque rayonnant ! le dragon enjambe les plus hautes montagnes, et, quand il ouvre ses mâchoires, de l'une il touche le ciel et de l'autre la terre. — Oiseau des montagnes à la couronne de fleurs! lorsque mon coursier s'élance, il saute par dessus les mers et vole parmi les nuages. ”
Charles Louandre, Revue des Deux Mondes
“ Le dragon, le plus ancien et le plus redouté de tous les animaux imaginaires, le dragon est le roi des monstres, comme le lion est le roi des quadrupèdes, comme l’aigle est le roi des oiseaux. Protée insaisissable, être indéfini qui participe de la nature de tous les êtres, tour à tour quadrupède, reptile, oiseau ou poisson, le dragon habite indistinctement l’air, la terre, la mer, les fleuves. ”
Charles Braun, Légendes du Florival, ou la Mythologie allemande dans une vallée d'Alsace… (1866)
“ Un dragon sera le gardien de tous les trésors de la nature. Dragon de feu ou d'air dans le ciel, dragon d'eau dans les abîmes, selon l'élément qu'il représente, le monstre se divise et se subdivise comme les éléments. La source même aura son petit dragon. Il va sans dire, après cela, que le lac du Ballon était gardé, lui aussi, par un dragon d'eau. Or, voilà qu'un beau jour il prend fantaisie au monstre de visiter la vallée et de pousser une reconnaissance jusque dans la plaine. ”
Victor Bérard, De l'origine des cultes arcadiens… (1894)
“ De même, le serpent est céleste et marin, aussi bien que terrestre, et les dragons volent dans les airs, rampent sur la terre ou nagent dans les flots. Mais dragon de la mer ou des cavernes, le serpent a encore sa place dans le ciel; du jardin du couchant, il est monté parmi les constellations; il figure près de l'Ourse, du Cheval et de la Vierge : il suit la déesse dans tout son empire et, comme elle, il règne aux cieux, sur la terre et dans les enfers. ”
Nonnos de Panopolis, Les Dionysiaques
“ Ainsi lorsque, dragon rampant, il se roula en cercle, je chanterai les divines batailles où, sous un thyrse de lierre, les géants. et les dragons leur chevelure, furent terrassés. Lion rugissant, s’il secoue sa crinière, je ferai voir mon jeune dieu, sur le bras de la redoutable Rhéa, usurpant la mamelle de la déesse qui nourrit les lions. Si, dans ses nombreuses métamorphoses, il bondit comme un impétueux léopard, je célébrerai les triomphes du fils de Jupiter sur les Indiens, quand il sut atteler à son char les léopards et les éléphants. ”
Jean-Baptiste Pallegoix,
Description du royaume Thai ou Siam
“ Tantôt c’est un dragon, tantôt un crocodile ou un serpent monstrueux, un poisson énorme, une licorne, un éléphant, un tigre, un lion, un aigle Garuda, un jak ou géant, le fameux singe guerrier hanuman, etc., etc. La richesse des décorations, la variété des costumes, la marche majestueuse de ces ballons splendides, l’affluence des spectateurs tous en habits de fête, le bruit des rames dorées, les cris simultanés des innombrables rameurs, les sons bruyants de mille instruments de musique, tout cela forme un spectacle des plus curieux et des plus divertissants qu’on puisse imaginer. ”
Anatole France,
L'Île des Pingouins
(1908)
“ Et chacun répondit à son tour : — Il a des griffes de lion, des ailes d’aigle et la queue d’un serpent. — Son dos est hérissé de crêtes épineuses. — Tout son corps est couvert d’écailles jaunissantes. — Son regard fascine et foudroie. Il vomit des flammes. — Il empeste l’air de son haleine. — Il a une tête de dragon, des griffes de lion, une queue de poisson. Et une femme d’Anis, qui passait pour saine d’esprit et de bon jugement et à qui le dragon avait pris trois poules, déposa comme il suit : — Il est fait comme un homme. ”
Edouard Schuré,
Revue des Deux Mondes
“ C’est parce que le Dragon était resté dans la tradition l’animal le plus effrayant et le plus dangereux, que les sages et les poètes en firent l’image parlante de l’orgueil insatiable et de l’égoïsme meurtrier. Et c’est parce que tout homme porte en lui le germe de cet instinct, père de toutes les passions mauvaises, que les libérateurs de la légende païenne ou chrétienne, les Hercule, les Persée, les Jason et les saint Georges, devaient tuer le dragon dévorant avant de conquérir la couronne du héros ou l’auréole du saint. ”
Egied Idesbald Strubbe, Catalogue illustré du musée communal des Beaux-arts à Bruges (1932)
“ La princesse, escortée de l'agneau, dut en conséquence marcher à la rencontre du dragon, quand Saint Georges se présenta à ses yeux monté sur son fougueux destrier. a jeune fille fait connaître au cavalier le danger qu'il court et le presse de fuir, mais plein de courage il s'y refuse. Quand paraît le dragon il fonce et, après avoir brisé sa lance sur lui, le maîtrise par le glaive. La Princesse délivrée passe un licou au cou du monstre qui la suit docilement. ”
Sophie Ulliac-Trémadeure, Contes de ma mère l'oie dédiés aux grands et aux petits enfans… (1842)
“ Alors on entendit, dans les groupes qui se formaient et grossissaient de moment en moment, mille et mille récits sur les signes précurseurs de l'apparition du dragon que quelques-uns prétendaient avoir remarqué dans le ciel ; sur l'obscurité qui avait envahi d'abord le balcon royal, et sur un gros nuage noir qui s'était abaissé au-dessus du dais ; nul doute que ce nuage n'eût été le messager du dragon, et, par conséquent, le ravisseur de la princesse Emma. ”
le capitaine Henri Yule, Le Tour du monde
“ Les larmiers, découpés en gigantesques couronnes impériales, sont supportés par des dragons fantastiques qui, la tête penchée, semblent ronger les pieux qu’ils enserrent de leurs griffes puissantes, tandis que leur queue se déroule flamboyante : il nous semblait les voir s’agiter. Les quadruples toits, couverts de zinc, rayonnaient comme s’ils eussent été d’argent, et les murs incrustés de mosaïques, de verre et de dorure, étincelaient comme une mer de lumière couverte d’un filet d’or. ”
Mathilde Grangier, Où trouve-t-on l'amitié ? (1861)
“ Précy et.sa petite troupe, sortant d'un fourré d'arbres, qui jusque-là avaient abrité leur marche, entraient dans un défilé, lorsqu'une compagnie de nos dragons qui y était embusquée fondit sur eux tout à coup et avec leur ardeur ordinaire. Un terrible combat s'engage : bien des combattants tombent blessés, l'acharnement est sans égal dans nos annales ; les dragons cherchent surtout à s'emparer du général, dont les soldats font un rempart de leur corps toujours culbuté, toujours renaissant. Enfin un dragon est près de le saisir ”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ Des îles d’Orient s’élancera un dragon merveilleux qui volera à droite, à gauche, et fera trembler de crainte tous ceux qui le verront. Il s’abaissera sur le royaume de Logres, portant trente têtes d’or plus belles que celle qu’il avait d’abord. Toutes les terres se courberaient devant lui, il aurait conquis le royaume aventureux, si le léopard ne l’en détournait et ne le forçait à s’incliner devant celui qu’il venait combattre. Alors le dragon merveilleux et le léopard s’aimeront tellement qu’ils n’auront plus qu’un seul cœur. ”
Charles Louandre, Revue des Deux Mondes
“ Au premier rang de ces bêtes terribles et fabuleuses apparaît le dragon, dont l’histoire forme dans la plupart des légendes un épisode inévitable, et qui représente, comme Satan, la cruauté, la haine de l’homme et l’endurcissement dans le mal. En reparaissant dans les traditions des temps chrétiens, les dragons conservent quelques-uns des attributs qui les distinguent dans les récits fabuleux de l’antiquité ; ce sont des êtres d’une force prodigieuse, cruels, implacables, qui font le mal pour le seul plaisir de le commettre. ”
Anatole France,
L'Île des Pingouins
“ L’orateur démontra sans peine qu’avec l’aide de sainte Orberose et forts des vertus qu’elle nous inspire, nous terrasserons à notre tour les dragons qui fondent sur nous, prêts à nous dévorer, le dragon du doute, le dragon de l’impiété, le dragon de l’oubli des devoirs religieux. ”
Léon Duchemin, Nouveaux mémoires d'un décavé (1876)
“ Dans le bas, les dragons casqués, prêts à monter à cheval et roulés dans leurs grands manteaux blancs à la Raffet, étaient couchés autour des petits foyers au-dessus desquels dansaient, dans une ronde fantastique et au milieu de la fumée noire, les étincelles capricieuses, l'âme du bois qui s'échappe. Nous passions devant d'autres rangées de tentes silencieuses, faiblement éclairées, à l'intérieur, par une seule lueur tremblante. ”
J. B. de Saint-Victor, Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours…
“ Le Père éternel étendant ses bras, et tenant un ange de chacune de ses mains, représentoit le créateur qui tire du néant le soufre incombustible et le mercure de vie, figurés par ces deux anges; le dragon qui est sous les pieds de saint Marcel figuroit la pierre philosophale, composée de deux substances, la fixe et la volatile; la gueule du dragon dénote le sel fixe, qui, par sa siccité, dévore le volatil, désigné par la queue glissante de l'animal, etc., etc. Tout le reste étoit aussi judicieusement conçu et expliqué. ”
Anatole France,
L'Île des Pingouins
“ Elle demanda au bouvier:—Mon coeur, que penses-tu du dragon?Le rustre secoua la tête:—Il est certain que, dans les temps anciens, des dragons ravageaient la terre; et l'on en voyait de la grosseur d'une montagne. Mais il n'en vient plus, et je crois que ce qu'on prend ici pour un monstre recouvert d'écailles, ce sont des pirates ou des marchands qui ont emporté dans leur navire la belle Orberose et les plus beaux parmi les enfants d'Alca. Et si l'un de ces brigands tente de me voler mes boeufs, je saurai, par force ou par ruse, l'empêcher de me nuire. ”
Alphonse Daudet,
Les Amoureuses ; Poèmes et Fantaisie
“ Tout à coup, nous entendons le son d’une trompette, et nous voyons arriver, au pas de course, vos dragons bleus précédés d’un petit homme qui soufflait dans un clairon. Nous crûmes d’abord qu’il y avait le feu quelque part dans la ville basse ; mais voilà vos dragons qui se précipitent au milieu de nous, toujours en courant, bousculent d’un côté, bourrent de l’autre, renversent les chaises, embrassent nos dames, serrent de près nos demoiselles, prennent une taille d’ici, pincent un mollet de là, en dépit de nos cris et de nos efforts. ”
Anatole France,
L'Île des Pingouins
(1908)
“ Et un jeune enfant vint et dit : — Le dragon, je l’ai vu qui ôtait sa tête dans la grange pour donner un baiser à ma sœur Minnie. Et les Anciens demandèrent encore aux habitants : — Comment le dragon est-il grand ? Et il leur fut répondu : — Grand comme un bœuf. — Comme les grands navires de commerce des Bretons. — Il est de la taille d’un homme. — Il est plus haut que le figuier sous lequel vous êtes assis. — Il est gros comme un chien. ”
Auguste Brizeux,
Œuvres de Auguste Brizeux
“ C’est un dragon de fer, un monstre aveugle et sourd, Sans ailes, — ce dragon ne vole pas, il court ; Sur son chemin uni roulant comme une meule, Il va, plein d’un brasier qu’il vomit par sa gueule ”
Édouard Chavannes,
De l'expression des voeux dans l'art populaire chinois…
(1922)
“ Le dragon est un des sujets favoris des décorateurs; il est représenté avec une boule, et l'on dit communément que le dragon joue avec une perle IX n. Il représente l'excellence. Quelle en est la raison? Le dragon préside aux eaux et à la pluie; en temps de sécheresse, on l'invoque pour que la pluie fécondante vienne sauver les moissons; il est donc naturel que, chez un peuple agricole comme les Chinois, le dragon, dispensateur de la fertilité des champs, devienne le symbole de ce qu'il y a de plus puissant et de meilleur au monde. ”
Albert Bouinais,
La France en Indo-Chine, par A. Bouinais…
(1886)
“ Des dragons convulsivement crispés et plus hérissés de barbes, d'arêtes d'aiguillons et de piquants qu'un monstre marin, tordant sur le faîte et sur les bords recourbés leurs corps écaillés de tessons de faïence bleue ou rehaussés de couleurs vives, donnent de loin à leurs grands toits de tuile des aspects décoratifs d'une agréable baroquerie. Il n'est point de village qui n'en ait plusieurs et souvent de meilleure mine que nos églises de campagne. ”
Léon Rousset, À travers la Chine, par Léon Rousset… (1886)
“ Le dragon, me répondit-il, est un animal mystérieux que nous considérons comme le symbole de la dignité impériale, et comme la divinité protectrice de l'empire. Aussi dans les productions d'une littérature un peu recherchée le terme de dragon est-il souvent employé pour désigner l'empereur. Par exemple, le trône, les yeux, le pinceau du dragon signifient le trône, les yeux, le pinceau de l'empereur. Le dragon impérial est un animal d'un aspect terrible ”
Simone Weil,
La Connaissance surnaturelle
“ Le dragon poursuit la femme, qui reçoit deux ailes d’aigle pour s’envoler. Là elle est nourrie trois ans et demi loin du serpent. Le serpent émet de sa bouche de l’eau comme un fleuve pour entraîner la femme. Mais la terre engloutit le fleuve. Le dragon s’en va faire la guerre aux restes de la semence de la femme, ceux qui témoignent pour Jésus. Et il se tient sur le sable de la mer. Et de la mer surgit une bête à sept têtes et sept cornes et dix diadèmes à laquelle le dragon donne sa vertu, son trône et sa puissance. La terre entière admire la bête et adore le dragon et la bête. ”
Amélie Bosquet,
La Normandie romanesque et merveilleuse
“ Le Dragon est aveugle, mais il porte sur la tête un diamant, d’un prix inestimable, qui lui sert à s’éclairer, et qu’il ne dépose jamais que pour boire au courant d’une source, lorsqu’il est altéré par ses longs voyages. Défiez-vous de l’apparition du monstre : au détour de quelque frais vallon, au fond duquel une eau vive roule ses filets d’argent sur un lit de cailloux nets et polis, vous serez surpris par un bruit inaccoutumé !... ”
Albert de Bec, Henri V (le grand monarque), restaurateur du trône et des gloires de la France… (1871)
“ C'était un épouvantable dragon dont le corps couvert d'écailles de différentes couleurs présentait un aspect effrayant; il avait du feu dans les yeux et la rage dans le coeur, il dressait fièrement la tête et la queue, et, armé de griffes et d'un double rang de dents longues et meurtrières, il menaçait de tout mettre en pièces. ”
Frédéric Gustave Eichhoff, Tableau de la littérature du Nord au moyen âge… (1853)
“ La terre, s'animant à leur voix, verse de son sein ces mystérieux trésors qui, cachés au fond des abîmes, sont confiés à la garde des nains, de ces types d'astuce et de malice hostiles aux destinées humaines ; les géants, emblèmes de force brutale, exercent la bravoure des guerriers ; les dragons ravissent les vierges timides que de nobles chevaliers rendent à la liberté ”
Gaston Cerfberr, Contes japonais
“ « Dragon, maître de la forêt, Hanko, ton serviteur, t’appelle » que la terrible bête s’élança à travers les arbres, et vint à lui la gueule ouverte, les griffes en avant, au milieu du feu et du soufre. ”
