Résumé

Portrait de Simone Weil Simone Weil La Connaissance surnaturelle

Le malheur glace l’âme en la réduisant au présent malgré elle.
L’humilité est le consentement à cette réduction.
L’humilité est le consentement à ce qui fait horreur à la nature, le néant.
Je ne suis pas et je consens à ne pas être, car je ne suis pas le bien, et je veux que le bien seul soit.
Dieu serait jaloux d’un tel amour s’il n’en avait pas la perfection comme Christ.
Dieu veut être, non parce qu’il est soi, mais parce qu’il est le bien. Le Père fait être le Fils par amour, parce que le Fils est le Bien. Le Fils ne veut pas être par amour, parce que le Père seul est le Bien.
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Portrait de Simone Weil Simone Weil La Connaissance surnaturelle

Ceux dont la mort n’a pas ressemblé à celle du Christ. En tout cas le Polyeucte de Corneille est ainsi.
Quand l’énergie végétative est à nu, l’univers disparaît, le besoin est l’univers. L’univers tout entier est occupé à pousser le cri de l’âme : « J’ai faim ! » « J’ai mal ! » « Il faut que cela cesse ! » Il n’y a plus d’autre bien au monde que la satisfaction immédiate du besoin.
À ce moment, répondre : « Je n’en vois pas la nécessité », c’est arracher violemment la partie éternelle de l’âme au moi et la clouer au non-moi.
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Portrait de Simone Weil Simone Weil La Connaissance surnaturelle

La chair vive est entamée et dévorée. (Prométhée, comme le Christ, est mangé.) Il est impossible alors que l’âme charnelle ne crie pas tout entière : « Assez ! » À qui adresse-t-elle cet ordre ou cette supplication ? Elle ne sait pas, mais elle ne peut pas s’empêcher de crier. Alors, si la partie éternelle de l’âme répond, parlant au vrai Dieu : « Toujours, si tu veux », l’âme est coupée en deux. Ce qu’on sent comme étant le moi est dans la partie qui crie : « Assez ! », et pourtant on prend le parti de l’autre interlocuteur. C’est vraiment sortir de soi.
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