Simone Weil

Simone Weil

Résumé

Portrait de Simone Weil Simone Weil La Pesanteur et la Grâce (1947)

À celui qui aime, le froid du métal n’ôtera pas l’amour, mais donnera le sentiment d’être abandonné de Dieu. L’amour surnaturel n’a aucun contact avec la force mais aussi il ne protège pas l’âme contre le froid de la force, le froid du fer. Seul un attachement terrestre, s’il renferme assez d’énergie, peut protéger contre le froid du fer. L’armure est faite de métal comme le glaive. À celui qui n’aime que d’un amour pur, le meurtre glace l’âme, qu’il en soit l’auteur ou la victime, et tout ce qui, sans aller jusqu’à la mort même, est violence.
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Portrait de Simone Weil Simone Weil La Pesanteur et la Grâce (1947)

On ne sera pas jugé alors, étant devenu une image du véritable juge qui ne juge pas.
❖ Quand l’univers pèse tout entier sur nous, il n’y a pas d’autre contrepoids possible que Dieu lui-même — le vrai Dieu, car les faux dieux n’y peuvent rien, même sous le nom du vrai. Le mal est infini au sens de l’indéterminé : matière, espace, temps. Sur ce genre d’infini, seul le véritable infini l’emporte. C’est pourquoi la croix est une balance où un corps frêle et léger, mais qui était Dieu, a soulevé le poids du monde entier.
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Portrait de Simone Weil Simone Weil La Pesanteur et la Grâce (1947)

Par le travail l’homme se fait matière comme le Christ par l’Eucharistie. Le travail est comme une mort.
Il faut penser par la mort. Il faut être tué, subir la pesanteur du monde. L’univers pesant sur les reins d’un être humain, quoi d’étonnant qu’il ait mal ?
Le travail est comme une mort s’il est sans stimulant. Agir en renonçant aux fruits de l’action.
Travailler — si l’on est épuisé, c’est devenir soumis au temps comme la matière. La pensée est contrainte de passer d’un instant à l’instant suivant sans s’accrocher au passé ni à l’avenir.
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