Mathilde Grangier

Résumé

Mathilde Grangier Où trouve-t-on l'amitié ? (1861)

Louisette approcha sa main de celle de Léon; mais elle n'avait point de voix, et ne put articuler aucune parole. Leurs mains se serrèrent, leurs regards pleins de larmes se rencontrèrent, et Louisette, qui, pour la première fois de sa vie, sentait qu'elle allait perdre sa fermeté ordinaire, se hâta de refermer le placard et d'aller rejoindre ses compagnes. Elle les aida à repasser la planche; elle les rassura sur le compte de l'homme mort, sans toutefois leur révéler son nom; mais elle ne put plus que par politique et à contre-coeur se mêler à leurs jeux.
Source : Gallica

Mathilde Grangier Où trouve-t-on l'amitié ? (1861)

Tu me croyais ton amie sans limites ; hélas ! tu t'étais trompée. Cette amie s'est heurtée contre un obstacle que son amitié n'a pas été assez forte pour renverser... C'est qu'elle aimait celui qui allait s'unir à toi, et elle ne pouvait souffrir qu'il fût à toi. Elle savait que tu ne serais heureuse qu'avec lui, et elle-n'a pas voulu que tu fusses heureuse de ce bonheur, parce que c'eût été au détriment de son amour... La jalousie s'emparait de son coeur, et son affection était impuissante à la maîtriser.
Source : Gallica

Mathilde Grangier Où trouve-t-on l'amitié ? (1861)

Laisse-moi, Louisette, reprendre haleine un moment et m'essuyer le front couvert de sueur ; car ces souvenirs m'accablent et me brisent...
Quelle horrible chose qu'un cachot ! Quelle affreuse torture pour un homme habitué à la liberté, de se sentir enfermé dans un pareil lieu! L'air lui manque, sa respiration s'arrête, sa tête s'enflamme ; il est asphyxié, il devient fou!... C'est ce qui m'arriva quand j'entendis tourner après moi ces lourdes portes sur leurs gonds rouilles, quand j'entendis fermer ces serrures qui me séparaient du ciel et de la terre.
Source : Gallica

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