Georges Blanchon

Résumé

Georges Blanchon La croissance du cuirassé

La tactique du navire isolé tenait la première place. Pour le combat aux grandes distances, pour le duel d’artillerie, il n’en va pas de même. L’acte de guerre qui assure la maîtrise des océans n’est pas une suite de combats singuliers, mais un effort d’ensemble produit par un groupe constitué, qui doit rester inséparable, l’escadre. Une escadre forme un tout : elle représente la vraie unité tactique.
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Georges Blanchon La croissance du cuirassé

Mais au cas où ces léviathans ennemis apparaîtraient sur l’Océan couverts d’une carapace impénétrable au feu de l’artillerie correspondante, on peut supposer qu’un tel luxe de cuirassemens comporterait aussi les défenses suffisantes pour mettre le navire à l’abri des atteintes venues de petits bâtimens, à tous égards moins redoutables que les adversaires de grande taille. Et dans ce cas encore, ce serait donc par suite au cuirassé qu’appartiendrait le dernier mot. Lui seul pourrrait triompher de lui-même. L’œuvre de destruction que l’obus ne saurait plus accomplir serait demandée à l’éperon.
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Georges Blanchon La croissance du cuirassé

On admettait d’autre part, il y a vingt ans, que l’ultima ratio des escadres serait l’éperon ; que les forces ennemies, courant l’une sur l’autre, en viendraient rapidement aux petites distances ; et que la phase essentielle du duel d’artillerie correspondrait à la portée d’un kilomètre environ. Peu avant Tsoushima, on s’attendait encore, chez nous, à ouvrir le feu vers 3 000 mètres. Nous n’en sommes plus là. Joint au meilleur entraînement des pointeurs, le triple progrès des méthodes de visée, des vitesses de tir, et des perforations a considérablement étendu le rayon du combat.
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