Maurice Larrouy

Maurice Larrouy

Résumé

Portrait de Maurice Larrouy Maurice Larrouy L'odyssée d'un transport torpillé (1917)

Fourgues avait bien raison. L’homme ne sait ce qu’il a dans le coffre que quand il a pris une femme, une vraie, et qu’il la quitte. Quel métier que le nôtre ! Tout feu, tout flamme quand on est dans le monde comme un bateau sur l’eau ! Mais quand il faut gagner sa vie pour faire vivre une femme que l’on adore, au prix de n’être jamais là, c’est le pire de tout... Hier, à la gare, elle est partie et moi je restais sur le quai. Elle m’avait supplié d’être prudent, de me sauver si le Pamir coulait, de ne pas avoir d’amour-propre et d’oublier que je suis officier et de penser à elle !
Source : Gutenberg

Portrait de Maurice Larrouy Maurice Larrouy L'odyssée d'un transport torpillé (1917)

Ce n’est pas pour te chiner, mon vieux, maintenant que tu travailles dans la marine de guerre et que, comme me disait Fourgues, tu es infecté de son esprit, mais les marins anglais sont un peu plus frais que les tiens. Et puis il faut voir la différence d’âge. Quand tu vas d’un bateau anglais à l’autre avec ton charbon, et que tu causes avec l’un et avec l’autre, on dirait qu’on parle à des copains, même quand c’est un amiral. Sur les croiseurs français le commandant a toujours les cheveux et la barbe blanche, ça le fatigue de grimper les échelles, et il a toujours peur d’en dire trop.
Source : Gutenberg

Portrait de Maurice Larrouy Maurice Larrouy L'odyssée d'un transport torpillé (1917)

Mais cette fois-ci ! J’ai peur maintenant pour ma peau ! Ma peau passe encore ! Mais c’est elle ! Mon corps s’en ira, mais tout reste avec elle. Et si je fais la culbute, quelles seront mes dernières pensées ? Je la verrai à La Rochelle m’attendant et se tordant les bras, et elle ne saura jamais si je suis mort. C’est atroce ! Ne te marie pas avant la paix. Je lui ai juré que les sous-marins, c’est de la blague. Mais, toi et moi, nous savons bien, ils sont là et partout, et nous n’avons rien contre eux sur le Pamir. Les autres qui sont à terre nous envoient à l’abattoir.
Source : Gutenberg

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