Résumé

Paul Féval Les contes de nos pères

Gulmitte la regardait ; en la regardant, elle faisait une grimace qui n’était pas jolie, mais qui exprimait une manière de compassion.
— Fille du juif, dit enfin la fée, je viens chercher ta vie.
— Oh ! prenez-la, prenez-la ! s’écria Rachel avec passion, — et qu’Addel soit sauvé !
Ce que nous allons dire n’est point un mensonge : du revers de sa main crochue, Gulmitte essuya une larme qui se promenait dans les rides de sa joue. Le dévouement est chose si sainte, qu’il émeut parfois jusqu’au cœur d’une fée. Néanmoins il ne faudrait pas compter là-dessus.
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Paul Féval Les contes de nos pères

Dans cette absence complète de tout autre bruit, ce cri perçant parvint vaguement jusqu’à l’ouïe paralysée du vieillard. Il leva sa lampe, et vit la jeune femme. À cet aspect, ses sourcils se froncèrent.
— J’avais dit à tout le monde de quitter le château ! prononça-t-il avec dureté ; — éloignez-vous, madame !
Henriette fit machinalement quelques pas pour obéir ; mais au même instant la grand’porte extérieure retentit sous un déluge de coups.
— Il n’est plus temps, murmura-t-elle ; au nom de Dieu, mon oncle, donnez un asile à mon enfant !
Le vieillard fit un geste de colère.
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Paul Féval Les contes de nos pères

Hélas ! je ne suis qu’un pauvre chevalier...
— Moi je suis fille de juif, monseigneur, interrompit Rachel avec humilité ; — vous descendez jusqu’à moi, vous pardonnez à mon père... ne suis-je pas trop payée ?
— Descendre jusqu’à toi ! s’écria le comte, — ne parle pas ainsi, Rachel, ma bien-aimée. Ton cœur est noble et tu es la plus belle. Mes pairs envieront mon bonheur.
— Dieu le veuille ! soupira la jeune fille.
— Je te montrerai à tous avec orgueil, poursuivit Addel ; je dirai : Voilà ma dame ! et par le saint tombeau du Sauveur,
addel et rachel.
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