Emmanuel Labat

Résumé

Emmanuel Labat Revue des Deux Mondes

La maladie chronique demande du courage, de la fermeté d’âme. Le premier est intermittent comme l’héroïsme : l’autre est un courage continu, plus rare, plus précieux : ni l’un ni l’autre ne s’acquièrent. La patience, plus modeste, s’acquiert et on peut y aider. C’est de l’adaptation avec un fond d’optimisme inconscient.
La qualité de l’âme nous importe avant tout, et les apparences sont si souvent trompeuses ! Tel se montre d’un courage superbe, d’acier trempé, dans le plein de l’action et le feu du combat, qui tombe à plat dès que la souffrance le condamne au repos.
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Emmanuel Labat Revue des Deux Mondes

Le médecin n’est pas curieux, s’il ne veut en savoir la raison qui souvent se rattache à la médecine. Il n’est pas rare que la maladie ruine le bonheur intime d’un jeune foyer. L’accident est banal, grossier, ne nous arrêtons pas. Assez souvent la maladie d’un des conjoints exalte l’amour de l’autre, mais une souffrance inattendue est réservée au malade. Il sent peu à peu que la pitié se mêle à la tendresse des soins qu’il reçoit ; c’est une humiliation cachée, très douloureuse, tant l’amour est jaloux de n’inspirer qu’un sentiment semblable à lui-même.
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Emmanuel Labat Revue des Deux Mondes

L’erreur du technicien est si redoutable qu’on ne saurait lui passer la moindre insuffisance. L’examen histologique d’un tissu ou bactériologique d’une culture, s’il doit décider de la vie d’un homme, prend une éminente dignité qui ne supporte pas le médiocre. C’est un premier point sur lequel tout le monde est d’accord, et voici le second sur lequel on doit l’être. La vérité du laboratoire est très ferme, dissipe l’obscurité, résout le problème donné, met dans l’esprit le délice de la certitude, mais elle est d’ordre étroit au regard de la réalité tout entière du malade.
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