Charles-Louis_Philippe 

Résumé

Charles-Louis_Philippe  Mercure de France

C’est peut-être le vrai remède. Et quand nous sortions, le médecin me caressait et me donnait de la joie parce que je savais répondre à ses questions : « Qui est-ce qui a succédé à François Ier ? »
Nous remontions chez nous, le jeudi matin. Un enfant et sa mère ont descendu cette rue en ne sachant pas, voici qu’ils la remontent en souriant. Les nouveaux médecins sont pareils aux nouvelles amantes qui nous donnent un nouveau bonheur. Et vous, jeudi matin, avec cette clarté, vous embellissiez la semaine. Jeudi matin, je vous aime, et maintenant vous êtes encore pour moi un matin d’espérance.
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Charles-Louis_Philippe  Mercure de France

Maman s’interrompant me regardait avec de bons yeux. Les souffrances d’un enfant sont des souffrances imméritées. Le Destin martyrise quelqu’un qui se plie et qui pleure avec tant de faiblesse que l’on pense : Nature tu es forte, mais tu es bien injuste. Maman m’embrassait : « Mon pauvre petit, tu as mal aux dents ! »
Le lendemain, j’eus encore mal aux dents : Mon garçon nous la ferons arracher ce soir. Le médecin prend des pinces très dures et malfaisantes comme une âme d’acier. On ouvre la bouche, quelque chose s’arrache, on crie.
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Charles-Louis_Philippe  Mercure de France

Quelques jours plus tard, lorsque le médecin enleva les deux cautères, il y avait deux trous que nous devions faire suppurer. Jusqu’ici j’avais bien su que j’étais malade à cause de mes souffrances, de mes remèdes et de nos visites, mais ces maladies élégantes restent à notre surface comme des douleurs aristocratiques. Presque du bonheur est sur elles. On se dit : Je suis malade, pour se distinguer des autres hommes, et l’on sent que la maladie est une supériorité parce qu’elle affine les malades. Mais si la chair se rompt, la maladie se montre par deux trous et devient une maladie honteuse.
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