Guillaume-Isidore de Montbel

Résumé

Guillaume-Isidore de Montbel Revue des Deux Mondes

Un trait honorable pour Vienne, c’est le changement subit que la présence du fléau a opéré dans la disposition des esprits. La consternation avait fait place à tout le dévoûment de l’affection. Pas un malade qui ait été abandonné de ses domestiques, de ses maîtres, de ses parens, de ses amis ; et ceux qui n’avaient ni amis, ni parens, trouvaient dans la charité de leurs voisins, des secours à leurs souffrances, des consolations dans leurs derniers momens. L’empereur, se mêlant aux habitans de Vienne, visitant les malades dans les hôpitaux, les encourageait par ses paroles et son exemple.
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Le peuple souffrait, il était mécontent et n’était pas non plus exempt des préventions funestes de la Hongrie, où des populations ignorantes avaient regardé ce mal, qui, disait-on, épargnait les classes supérieures, comme un mensonge inventé dans un but atroce ; et les remèdes comme des poisons dont on voulait se servir pour se débarrasser des pauvres. De là les révoltes et les actes de barbarie qui avaient mis la Hongrie dans un si grand désordre, en même temps qu’ils y avaient augmenté les ravages du choléra.
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En Hongrie surtout, où le mal a fait tant de ravages, il a été presque toujours le résultat des préventions aveugles d’une populace en délire. On a poussé la fureur jusqu’à déterrer les cadavres, ici, pour prouver qu’on ne croyait ni au mal, ni à la contagion ; là, pour enfoncer superstitieusement un pieu dans la poitrine du mort qu’on accusait, je ne sais sous quel prétexte, d’être vampire et d’être auteur de la mortalité.
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