Résumé

Le choléra-morbus (1831)

On a préféré mourir avant le temps plutôt que d'être privé de sépulture. Trompeur espoir ! Cependant la terre infectée par les poisons pestilentiels, corrompt l'air chargé de vapeurs meurtrières qui, en retombant sur les vivans, leur inoculent les germes de la contagion. La plus florissante jeunesse a succombé. Tout ce qu'il y eut jamais de plus beau, moissonné par la mort, est aujourd'hui la proie de la corruption. Tout est devenu, méconnaissable ; plus de forme humaine, plus de différence dans les conditions; la mort a tout abattu.
Source : Gallica

Le choléra-morbus (1831)

Nuit et jour on a la mort sous les yeux. C'est pour aujourd'hui ; demain l'on sera mort. A force de se multiplier, les morts s'embarrassent dans la route qui mène au commun dépôt ; les ravages de la contagion sont tels que la terre manque à ceux que le mal a déjà dévorés. Plus de bras pour ensevelir : les morts gisent çà et là dans les voies publiques ; et comme la terre , comblée de morts, n'en peut plus recevoir de nouveaux, les cadavres restent sans sépulture, abandonnés à l'infection qu'ils exhalent.
Source : Gallica

Le choléra-morbus (1831)

O vous ! nos frères, n'oubliez pas quelle est la cause du fléau qui nous consume ! Quel homme ne reconnaîtrait pas ici la main vengeresse du Dieu qui châtie nos péchés !
Un sombre désespoir glace tous les coeurs ; les maisons sont abandonnées ; on les fuit dans l'espoir d'éviter la mort que l'on trouvera plus loin. Les temples sont muets ; la mort a frappé le pontife et le fidèle , plus de consolateur, plus de soutiens peur le vieillard expirant. Tout est la proie de la contagion.
Source : Gallica

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