Charles-Louis Philippe

Charles-Louis Philippe

Résumé

Portrait de Charles-Louis Philippe Charles-Louis Philippe La mère et l'enfant

Je n'oublierai jamais les études du lycée. Non, ce ne sont pas les livres qui font souffrir. La science est trop froide pour être bonne ou mauvaise, mais nous pourrions nous y intéresser. C'est le pion qui fait souffrir. On dit que la discipline des lycées est paternelle: le pion c'est la discipline, et le pion n'est pas notre père. Le pion ce sont des yeux froids qui nous surveillent et une voix raide qui nous rappelle à l'ordre. Le pion c'est le règlement, c'est la nécessité, c'est la loi, c'est la main qui nous empoigne. J'ai douze ans, j'ai besoin d'amour et vous me donnez un pion.
Source : Gutenberg

Portrait de Charles-Louis Philippe Charles-Louis Philippe La mère et l'enfant

Mon frère l'Avenir se tient à ma droite et marche, et dans les arrêts qui tournent, marche, comme la délivrance auprès des prisonniers. Mon frère m'entraîne et c'est mon corps qui marche à pas égaux, c'est le Présent que l'on torture, mais l'esprit garde sa liberté et la Vie se compose d'Avenir. Qu'importe un pion et sa rage! Les fleuves qui coulent, souillés d'ordure humaine, coulent vers la Mer qui purifie. Les arrêts et leur ennui m'ont rendu plus grave, j'ai causé de choses sérieuses avec mon frère l'Avenir. On a dit que la souffrance était fortifiante, je le sais bien.
Source : Gutenberg

Portrait de Charles-Louis Philippe Charles-Louis Philippe La mère et l'enfant

Celui qui se couche plein de souffrance, la nuit le prend entre ses mains et le caresse et le repose. Demain matin, la fatigue s'en est allée; le sommeil vous a lavé la tête, et la grosseur de votre joue—vous souvenez-vous?—eh bien! elle n'est plus là.
Un peu plus tard encore j'espérai dans la fin de la semaine. Plusieurs jours sont nécessaires pour que ce remède entre dans votre sang. Tout d'abord, vous ne sentez rien parce que son travail ne s'est pas fait, mais bientôt, lorsqu'il a pénétré votre chair, toute votre chair se transforme, les humeurs, dissoutes, s'en vont et se perdent.
Source : Gutenberg

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