Eugène Ritter

Résumé

Eugène Ritter,  Revue des Deux Mondes

“ Dans le petit cercle de famille que présidait l’horloger, la vie était étroite et sans horizon; l’impression qu’en reçut l’âme de l’enfant n’en fut que plus pénétrante. Un cadre resserré comme celui-là fut pour lui, dans les rêves de toute sa vie, une des conditions du bonheur. Le cours de cette tranquille existence fut interrompu par une fâcheuse aventure. Le caractère emporté d’Isaac Rousseau l’engagea dans une querelle où tous les torts furent de son côté ; il ne se tira d’affaire qu’en se condamnant lui-même à l’exil. ”
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Eugène Ritter,  Revue des Deux Mondes

“ Nous avons vu que ceux qui ont connu de plus près Mme de Warens : Magny, Rousseau et M. de Conzié, s’accordent à lui reconnaître une âme volontiers accessible aux idées chrétiennes ; la fragilité de sa vertu ne l’empêchait pas d’être pieuse à ses heures : tout se concilie chez une femme. Et Jean-Jacques de même ; depuis que s’est éveillée en lui la pensée que la mort pouvait être proche, il s’est tourné vers Dieu. Il a fait ce que Voltaire et Diderot ne tirent jamais : il a pris à tâche de donner à son esprit une culture religieuse. ”
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Eugène Ritter,  Revue des Deux Mondes

“ Si les familles de la bourgeoisie savaient garder leurs souvenirs, les entretenir, et se redire de génération en génération l’histoire et les destinées des ancêtres, Jean-Jacques eût été fier de Didier Rousseau; il eût pensé à lui, quand il dut à son tour abandonner Paris et la France pour être fidèle à ses idées, et quand Genève, qui avait été hospitalière pour son aïeul, fit brûler ses livres et le menaça de la prison. Mais il ne semble pas que le glorieux descendant ait jamais entendu parler de l’homme obscur dont, à cause de lui, nous avons recherché les traces et reconstitué la vie. ”
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