Résumé

Annales de la Société de Jean-Jacques Rousseau

Tronchin ne peut pardonner à Rousseau son aversion pour cette Genève, naguère objet de son adulation, et prenant à son tour la défense de ses concitoyens, il s’efforce de montrer à l’exilé volontaire que cette patrie est cette année ce qu’elle était l’année passée, « si elle n’a rien gagné, au moins n’a-t-elle rien perdu. Si mon style vous paraît dur, ou si les choses que je vous dis le sont, je vous dirai, mon cher ami, ce que les quakers disaient au roi Jacques : Accorde-nous la liberté que tu prends pour toi-même, et je n’en serai pas moins votre véritable ami. »
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Poussé par cette méfiance instinctive, qui chez lui succède toujours aux premières effusions de l’amitié, Rousseau en est venu à mettre en doute la sincérité du docteur, à suspecter ses intentions. Tronchin n’est-il pas lié avec Madame d’Épinay, avec Grimm, Diderot ? N’est-il pas le médecin de Voltaire ? N’a-t-il pas le tort, plus impardonnable encore, de vivre heureux, comblé d’honneurs, dans cette patrie où Jean-Jacques compte si peu d’amis et d’admirateurs ?
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Et c’est en cela seul qu’il a différé de Rousseau. Qu’es-tu donc, charme du style, charme puissant et indéfinissable !... »
Et la voilà célébrant la fraîcheur, la nouveauté du style de Jean-Jacques et cherchant le secret de son prestige. Elle n’hésite pas, enfin, à le louer de son optimisme consolant ; elle lui sait gré d’avoir cru à l’âge d’or, qui n’est pas matériellement vrai, mais auquel nous avons besoin de croire, car il nous faut rêver la perfection pour y tendre : « Si c’est plus qu’on ne peut faire et obtenir, ce n’est pas plus qu’il ne faut vouloir et tenter. »
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