Résumé

Portrait de George Sand George Sand Les Don Juan de village

BLANCHON. Jean !...
JEAN. Y a plus de Jean... y a plus qu’un imbécile qui s’est laissé braver et frapper par ses sujets, un roi des sots qui a été le plus sot de son royaume, qui s’est fait insulter par un enfant (Il montre Toinet) , et berner par un vieux malin de père...
GERMINET. Un père Lustucru, quoi ?
JEAN. Oui, un père Lustucru qui lui a tiré de l’argent pour...
GERVAISE. De l’argent ?
BLANCHON. Quel argent ?
JEAN. Oh ! j’y ai pas regret ! si Gervaise avait réclamé tout ce que j’ai pour n’aimer que moi, j’aurais donné jusqu’à mon dernier sou, et bien content, encore !
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JEAN, le bouquet de Gervaise à la boutonnière. Assez chanté, la musique ! assez crié, les amis, nous y voilà. Je vas commander le repas, c’est moi qui régale à l’auberge du père Germinet.
TOUS, criant. Oui ! oui ! c’est ça, à l’auberge de Germinet !
GERMINET. À mon auberge ! vous vous trompez, c’est un cabaret, et c’est pas assez beau pour vous, Jean Robin. (À Toinet.) Qué que tu fais là, toi ?
BLANCHON. Ah ! le pauvre mignon, c’est nous qu’on l’a empêché d’être écrasé par une charrette !
GERMINET, ému. Écrasé ! (Il regarde le petit. — À part.) Il est pas seulement tombé !
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Vous êtes un fou d’orgueil et d’insolence, vous ne savez plus ce que vous dites ni ce que vous voulez, et on ne peut pas être offensée par celui qui ne se connaît plus lui-même.
GERMINET. C’est bien, ma fille ! voilà ce que je souhaitais. Tu y donnes la leçon qu’il mérite... Et, à présent, tu vas, je pense, épouser l’autre sans regret.
BLANCHON, à part. Diable !
JEAN. Alors, Gervaise, c’est vous qui me refusez ?
GERVAISE. Oui, Jean, comme vous voyez, je vous refuse.
JEAN. Sans vous soucier du chagrin et de la colère que vous me donnez ?
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