“ Encore un bouchon qui saute, un rire qui éclate, et les bouteilles trinquent du ventre dans les doigts du cabaretier ! Le soleil jette de l’or dans les verres, il allume un bouton sur cette veste, il cuit un tas de mouches dans ce coin. Le cabaret crie, embaume, empeste, fume et bourdonne. À deux minutes de là, le collège moisit, sue l’ennui et pue l’encre ; les gens qui entrent, ceux qui sortent, éteignent leur regard, leur voix, leur pas, pour ne pas blesser la discipline, troubler le silence, déranger l’étude. ”
Cabaretier
Définition et enjeux
Le cabaretier incarne un personnage central dans la vie sociale et culturelle des espaces de convivialité, souvent lié à la vente d’alcool et à l’accueil des clients dans des lieux de détente. De Jules Vallès, qui dépeint le cabaret comme un lieu vibrant contrastant avec la rigueur scolaire, à Victor Hugo, qui en décrit les détails matériels et les usages, en passant par Jules Verne qui souligne l’apparence physique du cabaretier, les auteurs ont abordé ce rôle à travers des prismes variés.
Les textes révèlent un personnage ambivalent, à la fois témoin et acteur des dynamiques sociales, comme le montrent les descriptions de ses échanges avec les clients ou son rôle dans les élections locales.
Citations sur “cabaretier”
Édouard Delessert,
Une nuit dans la cité de Londres
“ Quand un des deux danseurs est fatigué, un autre rentre, comme lorsque les enfants sautent à la corde, et ainsi de suite. Au son du violon, plusieurs des femmes que nous avions vues dans le cabaret accoururent et prirent successivement part à leur tour à la gig, et au bout d’un quart d’heure, chacun avait fait son pas. Le petit garçon du cabaretier déployait surtout une vivacité de mouvements et un flegme admirables. Les verres d’eau-de-vie et de gin circulèrent, la joie devint générale, se traduisant par des rires gutturaux et rauques ou des éclats de voix glapissants. ”
Jules Verne,
Le Chemin de France
“ Ce cabaretier, un gros homme, tout en mont, avait une figure déplaisante, des yeux en trous de vrille, à paupières plissées, un nez pincé, une grande bouche, comme si, quand il était petit, on lui eût donné sa bouillie avec un sabre. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Rien n’est plus naturel aux ivrognes que les ellipses. L’ellipse est le zigzag de la phrase. Corinthe avait peu à peu détrôné le Pot-aux-Roses. Le dernier cabaretier de la dynastie, le père Hucheloup, ne sachant même plus la tradition, avait fait peindre le poteau en bleu. Une salle en bas où était le comptoir, une salle au premier où était le billard, un escalier de bois en spirale perçant le plafond, le vin sur les tables, la fumée sur les murs, des chandelles en plein jour, voilà quel était le cabaret. Un escalier à trappe dans la salle d’en bas conduisait à la cave. ”
Auguste Angellier,
Robert Burns
“ On devient bruyant, on chante, on frappe les verres sur la table. Il y a dans Tam un grain de galanterie et de gaillardise. Le voici qui devient aimable avec la cabaretière. Elle s'y prête; alors l'intérieur est complet; le savetier raconte ses histoires drôles; le cabaretier, qui ne voit rien ou feint de ne rien voir, est tout oreilles. ”
Marie-Henriette-Auzalie Morin dit Valcourt, Les fantômes blancs
“ Le cabaretier s’avança vers eux. C’était un gros homme dont la face bourgeonnée était répugnante à voir. Il avait tressaillit, en voyant le chevalier aux mains des soldats : mais, habitué aux changements de fortune, il servit à boire, sans manifester sa surprise. ”
Eugène-François Vidocq,
Les vrais mystères de Paris
“ N'allez pas croire cependant que le cabaret des Trois Frères, ou plutôt la Maison des Voleurs, puisque c'est sous ce nom que cet établissement est généralement connu, est un de ces lieux devant lesquels il faut passer sans s'arrêter; la Maison des Voleurs est un cabaret honnête, tenu par un cabaretier honnête homme, et fréquentée seulement par d'honnêtes ivrognes: d'où lui vient donc le nom quelque peu sinistre que nous lui connaissons? ”
Apollinaire Bouchardat,
Traité d'hygiène publique et privée basée sur l'étiologie…
(1887)
“ Vers le soir, on voit stationner devant les cabarets des troupeaux de ces malheureuses qui essayent de saisir leur mari, si elles peuvent l'entrevoir, ou qui attendent l'ivrogne pour le soutenir quand le cabaretier le chassera ou qu'un invincible besoin de sommeil le ramènera chez lui. ”
Pierre Lenfoncé, Lettres de Pierre Lenfoncé aux autorités constituées du royaume et à divers personnages… (1836)
“ Le cabaretier n'est-il pas électeur? Ce n'est pas que je le trouve mauvais , car le cabaretier est presque toujours un homme libéral, éclairé; mais tout cela n'empêche pas les rancunes. Le cabaretier, s'il est l'ennemi du Maire, tient une tribune ouverte tous les jours, pour le dépopulariser, le dénigrer, lui susciter des adversaires dans tous ceux qui fréquentent le cabaret. En un mot, les élections se font au cabaret. Et ne vous en scandalisez pas, Messieurs, car vous avez applaudi , comme ”
Gustave Flaubert,
L'Éducation sentimentale
(1869)
“ Quelle malédiction que d’être le fils d’un cabaretier et de perdre sa jeunesse à la quête de son pain ! ”
Oscar Comettant,
Musique et musiciens
(1862)
“ Le cabaret ne reçoit plus assidûment que de tristes sujets mésestimés de tout le monde, excepté des cabaretiers qui en font leur profit, et ce n'est plus à boire et à brailler que l'honnête artisan passe aujourd'hui ses moments de loisir : il s'instruit et fait de l'art, il lit et il chante. ”
Théodore Muret,
Les Ravageurs, par M. Théodore Muret…
(1850)
“ Comme les cabaretiers, par l'abolition de l'impôt sur les boissons, gagneraient bien davantage, on verrait, sans aucun doute, se multiplier encore les cabarets, déjà beaucoup trop nombreux, les cabarets qui sont la ruine du peuple, sa plaie physique et morale. ' Avec le désordre des moeurs, le cabaret est la cause qui contribue le plus à peupler les bancs des tribunaux, les prisons et les bagnes ; le cabaret est une cause activé et incessante de misère. ”
Feu Pierrot : 1857-19 ? (1919)
“ Un soir, en sortant de la Grande Pinte, des camarades que je rencontrai m'engagèrent à les accompagner au « Chat Noir » pour assister à l'ouverture de ce nouveau cabaret fondé, par un peintre (ah c'ti là exactement raté) ! 84, boulevard Rochechouart. Je les suivis mais je ne pénétrai pas dans le cabaret dont je me contentai de regarder, du trottoir, par la porte et la baie ouvertes, l'intérieur où le roux cabaretier revêtu d'un costume blanc, ceint d'un tablier blanc et coiffé de la coiffe traditionnelle du cuisinier, recevait et aidait à servir ses nombreux clients pour cette fois régalés. ”
Victor Hugo,
Oeuvres illustrées, de Victor Hugo…
“ Vis-à-vis, un peu avant la tour carrée qui fait le coin du Palais, il y a des cabarets, dont les entresols étaient pleins de spectateurs heureux de leurs belles places, surtout des femmes. La journée doit être bonne pour les cabaretiers. ”
A Somov, Catalogue de la galerie des tableaux… (1899-1903)
“ Scène de cabaret.—Une jeune cabaretière blonde, en robe jaune, avec une jaquette jaunâtre bordée de cygne, est assise, tenant dans la main droite une cruche de terre blanche, et dans la gauche, un verre. Elle tourne la tête à dr. et regarde l'argent que lui offre un militaire assis à dr., à côté d'elle, coiffé d'un bonnet de fourrure rouge et vêtu d'un pourpoint verdâtre, avec houpelande brune, jetée sur l'épaule droite. Figure à mi-corps. ”
Clairville,
Le Cabaret du Pot-cassé, vaudeville en 3 actes…
(1854)
“ CADÉDIS. Quand on n'aime pas les gens, pourquoi s'occuper de leurs défauts?.,. LUCIENNE. Mais taisez-vous donc!. vous mo faites tromper! CADÉDIS. Mais enfin, mordions! parlons donc une bonne fois à cœur ouvert!. Il y a trois mois qu'un malin, j'entre dans ce cabaret avec mon ami Papillon. - Holà! quelqu'un! garçon !. — Tout à coup, je vous vois apparaître. Personne ne vous connaissait; vous arriviez de votre village avec une jeune fille qui vous accompagnait. En trois mois, Papillon se fait aimer d'elle, il l'épouse !. Moi, je me dis : De cabaretière à sergent du guet, il n'y a que la main ”
Maurice Bonneff, Marchands de folie : cabaret des halles et des faubourgs… (1913)
“ Le cabaret prend toutes les formes , s' adapte à tous les emplois , et c' est pourquoi il tient une si grande place dans la cité moderne . Parfois les mastroquets sont les banquiers des artisans , qui payent en « tournées » les intérêts de leurs dettes . Ce sont surtout les plombiers et les couvreurs qui ont recours aux services des cabaretiers . Dans la capitale , des auberges sont le rendez -vous des compagnons : c' est là que l' entrepreneur ou ses commis viennent chercher les ouvriers qu' ils embauchent . ”
Paul Eudel,
L'Hôtel Drouot et la curiosité en 1882…
(1883)
“ Venant de la vente de Lissingen. Vendu 4,750 francs. DADID TENIERS LE JEUNE. Le Cabaret. La nature humaine est peinte telle qu'elle est. Tous ces rustres sont vrais. On boit. Les uns sont assis sur un toit de chaume, les autres fument assis sur un banc de bois en souriant et en oubliant les soucis de la vie. Un villageois se dirige vers les buveurs, un broc à la main, tandis que la cabaretière se tient sur la porte, prête à servir de la bière aux clients. C'est l'histoire pittoresque des Flandres que Teniers a fait voyager ainsi dans toute l'Europe, 4,600 francs. ”
A Somov, Catalogue de la galerie des tableaux… (1899-1903)
“ A dr., une dam, en habits d'homme, descendue de son cheval, boit du vin que lui présente le cabaretier. Près d'elle, un cavalier, assis sur un banc, donne à manger à un chien. Un autre chasseur se repose, couché sur le perron à l'entrée de la tour. A la porte du cabaret, une femme qui file sa quenouille, et un petit garçon qui lui fait des caresses. Sous un hangar adossé à la tour et dont le toit est en paille, un ouvrier offre du vin à un voyageur à cheval. ”
Jacques Bonhomme,
Lettres de Jacques Bonhomme sur les choses du jour…
(1877)
“ J'ai les femmes pour moi : c'est déjà la moitié du monde , cela; et, avec les gens raisonnables, cela va faire en ma faveur une belle majorité. Mais je ne veux pas abuser de la supériorité du nombre, je ne veux m'adresser d'abord qu'à ta raison. Eh bien! mon cher cousin, si tu veux être juste, tu reconnaîtras que le cabaret a bien des défauts qui doivent empêcher de blâmer le gouvernement d'en diminuer le nombre. D'abord, le vin qu'on y boit n'est pas de première qualité, ce qui ne l'empêche pas d'être cher. Si le cabaretier n'y mettait que de l'eau, le mal serait ”
Adrien Robert, Contes fantasques et fantastiques… (1867)
“ Le cabaretier, qui savait un peu l'italien, mais qui faisait semblant pour bonnes raisons de ne rien entendre de leur conversation, comprit qu'ils s'étaient embusqués sur la route pour tuer un pauvre diable de capitaine norvégien qu'ils considéraient comme xmjettalore qui leur portait malheur. Mais, les affaires de ces superstitieux ne le regardant pas, il ne jugea pas à propos d'aller, après leur départ, raconter l'événement au bourgmestre; d'autant que les cabaretiers qui causent de la peine à leurs clients sont toujours mal notés et ne vendent plus guère de bière et de genièvre. ”
Maurice Bonneff, Marchands de folie : cabaret des halles et des faubourgs… (1913)
“ Ils sont là près de 1 . 2 0 0 et ils font la fortune des cabaretiers qui ont pu dresser leurs boutiques en ce sombre lieu . La place est mesurée , les cabarets ne sont pas nombreux : ils ne désemplissent guère , car , une équipe partie , une autre la remplace . ”
Eugène Carissan, Paris dans sa splendeur : Monuments… (1861)
“ Derrière la vitre dépolie de chaque cabaret, on voit sauter des ombres entrelacées, et l'on entend le grincement du crin-crin. Il en coûte 25 ou 30 centimes d'entrée, que l'on vous rembourse en consommation. Chaque danse se paie à part. La salle de bal est en même temps estaminet et guinguette; on écarte les tables, et les amateurs se trémoussent dans l'espace resté libre, tandis que la galerie sable le vin bleu à pleins verres ou s'abreuve de dur. Dans le fond se dresse une estrade, où l'orchestre, qui varie de trois à cinq musiciens, se livre à un dévergondage effréné de notes discordantes. ”
Flora Tristan,
Union ouvrière
(1843)
“ Dans l’état actuel des choses, de cabaret est le TEMPLE de l’ouvrier ; c’est le seul lieu où il puisse aller. — L’Église, il n’y croit point ; le théâtre, il n’y comprend rien. — Voilà pourquoi les cabarets sont toujours pleins. — À Paris, les trois quarts des ouvriers n’ont pas même de domicile : ils couchent en garni dans des chambrées ; et ceux qui sont en ménage logent dans des greniers où la place et l’air manquent, par conséquent ils sont forcés d’en sortir, s’ils veulent exercer un peu leurs membres et raviver leurs poumons. ”
Jacques Bonhomme,
Lettres de Jacques Bonhomme sur les choses du jour…
(1877)
“ Mon brave cousin Jean Bonhomme prononça ces — 26 — mois d'un ton si solennellement indigné, que je ne pus m'empêcher de partir d'un éclat de rire. — Tu ris! ça t'est facile,.cousin; mais je dis que c'est de la tyrannie. On vient de fermer le cabaret de la Tête-Noire, le cabaret du Grand-Cerf, le cabaret du Joyeux-Buveur : trois cabarets rien que dans une seule ville ! Qu'est-ce qu'on veut donc que devienne l'ouvrier? Ces messieurs ont leurs cafés; pourquoi l'ouvrier n'aurait-il passes cabarets? C'est là que nous nous réunissons, nous, pour deviser, entre amis, tout en buvant une bouteille. ”
Mémoires d'un vieux paysan ; suivis des Lettres d'un vieux paysan aux laboureurs ses frères… (1859)
“ Du cabaret datent le malaise général de la contrée, les dettes, les emprunts onéreux. C'est la plaie toujours ouverte qui épuise les forces et la vie. Par le cabaret, l'ivrognerie, ce vice hideux, bestial, s'établit dans une commune. Du cabaret sortent les diffamations, les quolibets obscènes, les vaines rumeurs, les soupçons hasardés, les médisances et les calomnies. C'est le grand atelier de l'impiété et de l'immoralité. N'attendez plus rien de l'homme qui a pris goût au cabaret. C'est au cabaret que se forment ces ligues contre le prêtre, et la doctrine qu'il représente ”
M. Paul Marcoy, Le Tour du monde
“ De loin en loin, sous une tonnelle de blondes citrouilles, surmontée d’un penon aux couleurs péruviennes qui indique un cabaret rural — le cabaret urbain n’a pour enseigne qu’une botte de paille — des hommes et des femmes au teint de sépia, à la chevelure flottante, aux vêtements multicolores, hument le piot, raclent la guitare à trois cordes, soufflent dans un roseau fêlé, se trémoussent, s’embrassent ou se gourment avec accompagnement de cris, d’éclats de rire et de jurons, et finissent par s’endormir la tête à l’ombre et les pieds au soleil, dans des attitudes à ravir un peintre de genre. ”
Théophile Gautier,
Histoire du romantisme
“ Le cabaret — car c’en est un — n’a rien de curieux en lui-même et n’est pas même pittoresque. Il est poissé d’un rouge violent qui participe du sang et du vin, et rappelle le néo-rouge-antique du vieux roi Louis de Bavière. ”
Brillat-Savarin,
Physiologie du goût
(1825)
“ Chaque jour des milliers d’hommes passent au spectacle ou au café la soirée, que quarante ans plus tôt ils auraient passée au cabaret. Sans doute l’économie ne gagne rien à ce nouvel arrangement, mais il est très-avantageux sous le rapport des mœurs. Les mœurs s’adoucissent au spectacle ; on s’instruit au café par la lecture des journaux ; et on échappe certainement aux querelles, aux maladies et à l’abrutissement, qui sont les suites infaillibles de la fréquentation des cabarets. ”
Albert Delpit,
La Vengeresse, par Albert Delpit
(1874)
“ Ton métier est de tenir ton cabaret et non pas de t'occuper de ce que nous faisons, l'homme! dit le Vieux avec humeur. Donc tourne la tète, et si tu entends, fais comme si tu n'avais pas écouté. La Tanche, la Crinière et le Gnôme, venez avec moi, les enfants. Ce qu'on gagnera sera partagé entre tout le monde. Seulement vous, vous aurez un peu plus gros, parce que vous mettrez la main à la pâte. Un grognement approbateur accueillit la phrase du chef. Les trois bandits appelés par le Vieux se levèrent de table et sortirent du Cabaret-Jaune sur les pas de leur maître. ”
Maurice Bonneff, Marchands de folie : cabaret des halles et des faubourgs… (1913)
“ Puis , les bouteilles vidées – cassées autant que possible , – sauter dans un fiacre et se faire conduire dans un autre établissement . La scène qui s' y joue ressemble à celle qui s' est jouée dans le premier , de façon frappante frappante tel qui a vu un cabaret les a vus tous : mêmes femmes , même luxe , même orchestre . Seul le fêtard change parce qu' il est de plus en plus ivre . Les gens entraînés arrivent à « faire » douze , treize maisons en une nuit . C' est une prouesse qui demande une volonté , une énergie , une endurance peu répandues . ”
George Sand,
Le Marquis de Villemer
(1860)
“ Au cabaret, c’est autre chose. Chacun apporte son couteau dans sa gaine et le pique par la pointe dans le dessous de la table entre ses jambes, après quoi on cause, on boit, on se contredit, on s’exalte et on s’égorge. ”
Alfred Des Essarts, La Petite Poucette, histoire vraie… (1857)
“ C'était à l'abri du regard des passants et des feux du soleil que buvaient ou jouaient aux quilles les habitués du cabaret du Grand Saint-Herbot. Tantôt les compères se contentaient de vider silencieusement leurs pichets de cidre, tantôt leurs voix bruyantes et animées soit par la colère, soit par l'ivresse, faisaient retentir le cabaret des imprécations et des défis, si bien que le feu-bar ne semblait pas éloigné d'avoir à remplir son rôle. ”
Pierre Lambert de Saumery,
Les délices du Pais de Liége/Tome I
“ Ce Peuple laborieux & atentis à son commerce & au travail, ne donne presque aucun tems à ses plaisirs, & pour ne pas le perdre comme l’on fait ailleurs, il fréquente peu les promenades, & les Cafés. On en prend ordinairement dans toutes les maisons. Il est vrai que le cabaret est un lieu où ceux qui veulent se délasser des fatigues de la journée, trouvent quelque récréation. C’est souvent même le rendés-vous des gens d’affaires. On y trouve vers le soir de très-honnêtes gens de tous les états, avec qui l’on peut passer quelques momens agréables. ”
