Marcel Triaire

Résumé

Marcel Triaire Bonheur sylvestre : roman d'amour (1952)

Françoise le regarda de nouveau droit dans les yeux et lui dit lentement d'un ton chargé de chagrin.
— C'est toi, Jean, c'est toi qui parles comme ça : tu viens me dire que tu m'aimes, tu me demandes d'être ta femme et tu ne trouves même pas dans ton amour le courage de supporter quelques moqueries de tes faux amis, d'un Lucien Cornet, par exemple, ou d'un Pierre Durand... Entre la vie de maraudes nocturnes qu'ils te font mener et une existence laborieuse au grand jour, tu hésites ! Entre ces gens-là que tout le monde méprise au village et moi, que tu aimes, tu hésites !...
Source : Gallica

Marcel Triaire Bonheur sylvestre : roman d'amour (1952)

Françoise qui le laissait aller tout doucement, se retourna tout d'une pièce et planta ses deux poings sur ses hanches :
— M'épouser ? Tu as dit m'épouser !
— Oui, murmura Jean interloqué par ce ton virulent, t'épouser, pourquoi pas ? Nous sommes enfants du pays ; nous ne le quitterons probablement jamais ni l'un ni l'autre ; nous sommes allés à l'école ensemble; nous ne nous sommes jamais perdus de vue ; j'ai fait « mon temps » ; je ne suis pas plus mal qu'un autre et je suis plus solide que bien d'autres. Alors ! pourquoi ne pas nous marier ?
Source : Gallica

Marcel Triaire Bonheur sylvestre : roman d'amour (1952)

Après cela, tu es allé te coucher, Jean, et tu as dormi toute la matinée. Tu te lèves lorsque les travailleurs ont fait la moitié de leur journée, le produit de ton expédition nocturne te permettant
de fainéanter le reste du temps dans les rues du village, d'aller au cabaret, de regarder travailler les autres... Voilà comment tu travailles de ton métier de menuisier. Voilà comment tu passes tes nuits, Jean... Et tu viens me dire que tu m'aimes ?
— Mais oui, Françoise, je t'aime, murmura le pauvre garçon désemparé par cette tirade débitée sur un ton véhément.
Source : Gallica

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