Résumé

Th. Pavie Les Deux Coups de feu. Récit du Bas-Anjou

Vaincu par la misère, Charlot Gambille se dit qu’il valait mieux mourir dans un fossé de La Tremblaye, les yeux fixés sur le toit de cette demeure tant aimée, que d’expirer dans un bois comme un loup, loin du regard des hommes. Il se mit donc en route pour retourner aux lieux témoins de ses premières joies. Grelottant de froid, hâve, rongé par la fièvre, se traînant à peine, il allait à petits pas et demandait à Dieu de ne pas rendre l’âme avant d’avoir revu son père et la jeune fille dont le souvenir restait fixé au fond de son cœur.
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Th. Pavie Les Deux Coups de feu. Récit du Bas-Anjou

Quelquefois, vaincu par la fatigue, il parvenait à s’assoupir, et il rêvait aux rayons étincelans d’un beau soleil de juillet, où l’on battait gaiement le grain dans l’aire de La Tremblaye ; puis la chute d’une feuille morte l’éveillait en sursaut, et il croyait voir devant lui le cadavre du cavalier étendu tout de son long sur l’herbe sanglante.
Les angoisses de ces nuits sans sommeil jointes aux fatigues de ces courses incessantes eurent bientôt brisé tout ce qu’il y avait de force et d’énergie dans le cœur du jeune réfractaire. Le sang coulait toujours de sa blessure
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Th. Pavie Les Deux Coups de feu. Récit du Bas-Anjou

Enfin jamais il n’adressait la parole à une jeune fille du bourg depuis que Françoise, sortie des catéchismes, avait atteint l’âge encore bien tendre et déjà sérieux de l’adolescence. Personne n’ignorait qu’il aimait celle de La Tremblaye, et dans tout le pays il n’y avait pas un habitant, riche ou paysan, plus heureux que lui ; mais ce bonheur avait cessé pour Charlot comme pour la fille du fermier Jacques Aubin le jour où le pauvre garçon était revenu du chef-lieu portant sur son chapeau le numéro fatal qui le condamnait à être soldat... ou réfractaire.
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