Anatole France,
Filles et garçons
“ Le monde, tel qu’ils le conçoivent, est jeune, simple et naïf comme eux. Jacqueline y voit Miraut et Miraut y voit Jacqueline tout au beau milieu. Miraut est beaucoup plus grand et plus fort que Jacqueline. En posant ses pattes de devant sur les épaules de l’enfant, il la domine de la tête et du poitrail, il pourrait l’avaler en trois bouchées ; mais il sait, il sent qu’une force habite en elle et que, pour petite qu’elle est, elle est précieuse. Il l’admire ; il l’aime, il la lèche par sympathie. Jacqueline l’aime parce qu’il est fort et qu’il est bon. ”
