Résumé

Portrait de George Sand George Sand Histoire du véritable Gribouille

Mais Gribouille ne fut pas plutôt arrivé auprès du figuier où il avait entendu et vu des choses si surprenantes, qu'une grande clameur d'abeilles sortit de l'arbre, se jeta sur l'âne, qui prit le galop et s'enfuit, laissant là son baril, et criant comme un âne qu'il était.
Alors Gribouille, à qui tout cela donnait bien à penser, vit paraître devant lui deux dames d'une beauté merveilleuse, escortées de tant d'autres dames et damoiselles, qu'il était impossible de les compter. La plus grande de toutes était habillée richement et comme portée en l'air par une quantité d'autres.
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Portrait de George Sand George Sand Histoire du véritable Gribouille (1851)

Or donc, Gribouille, continua la reine, voilà cent ans que tu as quitté ton pays de la manière que l’avait prévu la reine des fées. Ton bon cœur n’a pu supporter l’horreur naturelle que t’inspirait le roi des bourdons. Il a voulu te retenir de force, je t’ai sauvé de ses griffes ; il règne à présent et il vit toujours puisqu’il est immortel, quoiqu’il fasse le vieux et parle toujours de sa fin prochaine pour ne pas inquiéter ses sujets. Tes parents ne sont plus. De toutes les personnes que tu as connues, il n’en existe pas une seule.
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Portrait de George Sand George Sand Histoire du véritable Gribouille

Il était simple bourdon, une vraie bête brute, condamnée à ramper, à dérober, à bourdonner sur un vieux chêne de la forêt qu'il avait jadis planté de sa propre main, lorsqu'il était le maître et le tyran de la contrée.
—Comment, dit Gribouille, un génie peut-il exister sous cette forme vile, et vivre pendant des siècles de la vie des bêtes?
—Cela arrive tous les jours, répondit la fée. Rien ne le distingue des autres bêtes, si ce n'est le sentiment de sa misère, de sa honte et de sa déplorable immortalité.
Source : Gutenberg

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