“ Me comprendra-t-on si je dis que ce théâtre est celui des lenteurs charmantes et que nous préférons ici l’improvisation étoffée et les détails de réalité minutieuse, à la charpente sobre et au dialogue concis qui sont de rigueur au véritable théâtre ? Chaque chose est bonne en son lieu. La marionnette est bavarde et musarde. Elle a, quoi qu’on fasse, des gestes courts et des yeux étonnés qui semblent faire effort pour comprendre toute chose, et cette naïveté d’expression est toujours comique ou touchante. Quand un incident du drame la surprend, sa stupéfaction est éloquente. ”
George Sand
Résumé
Le Temps, de George Sand, explore l'art des marionnettes et leur rôle dans l'histoire du théâtre, en mettant en évidence les nuances de leur expression et la distinction par rapport au théâtre classique.
À travers des personnages comme Duteil et Maurice, l'auteur révèle une réflexion sur l'improvisation, la réalité détaillée et la naïveté humoristique des marionnettes. Ce texte, publié en 1852, combine critique esthétique et poésie, soulignant la valeur des détails et des émotions intérieures dans la création scénique.
Citations de Le Temps (George Sand)
“ C’était de ceux-là seulement que Michel était fier, car aucun homme n’a moins joui de la fortune au point de vue matériel. Il vivait simplement, sobrement, et ne se reposait de ses rudes travaux qu’en lisant un livre ou écoutant une pièce de théâtre. Il était amoureux des arts, épris de musique et de peinture, il était partout où se produit l’essor d’un talent quelconque, même dans des spécialités étrangères à son industrie. Il sentait que tout se tient dans le domaine de l’intelligence et il s’intéressait à tous les genres d’éclosion, à toutes les tentatives de développement. ”
“ Quand elle a trouvé un moyen d’échapper au danger, on dirait qu’elle digère son idée et qu’elle demande au spectateur si elle est bonne. Le jeu ne doit donc pas se presser, car le personnage a ses ressources particulières, ses singularités qui amusent les yeux et calment les impatiences de l’esprit. Ce qui irriterait au vrai théâtre, les hors-d’œuvre, les scènes épisodiques sont ici des flâneries divertissantes dont nul ne se plaint. Elles rentrent dans la vérité absolue de la vie, qui est un combat acharné contre l’empêchement perpétuel. ”
