“ Il ne lui restait qu’une petite merlesse, elle l’emporta et s’en amusa une heure ou deux ; mais, comme elle s’était levée de grand matin, elle s’endormit au beau milieu du pré. Elle n’avait plus peur de perdre Bichette ; elle l’avait laissée avec les autres agneaux à la bergerie. Quand elle s’éveilla, se trouvant, couchée tout de son long sur le dos, elle ne vit que le ciel, et, juste au-dessus de sa tête, le petit nuage qui s’était reformé au plus haut de l’air, et qui tout seul, absolument seul dans le bleu d’une belle journée, brillait comme de l’argent rose. ”
George Sand
Résumé
George Sand, dans La reine coax, nous plonge dans un univers onirique où la nature et le merveilleux s’entremêlent. Ce récit, probablement destiné aux enfants, suit les aventures de personnages comme Clopinet, Catherine ou Diane, entourés de fées, de géants et de créatures étranges.
Les thèmes de la métamorphose, de la peur et de l’enfance traversent l’œuvre, illustrés par des images poétiques de nuages, de cygnes ou de rochers. L’œuvre, proche des Contes d’une grand’mère, explore la relation entre l’imaginaire et le réel, en mêlant fables et réflexions sur la vulnérabilité humaine.
Citations de la reine coax (George Sand)
“ Un chien qui grogne, une vache qui le regarde, une pomme qui tombe, le voilà qui s’envole. On peut bien dire que c’en est un qui est venu au monde avec des ailes de la peur attachées aux épaules. — Ça passera, ça passera, répondit l’oncle Laquille, — c’était le nom du marin ; quand on est enfant, on a des ailes de peur ; plus tard, il vous en pousse d’autres. Ces paroles étonnèrent beaucoup le petit Clopinet. — Je n’ai point d’ailes, dit-il, mon papa se moque ! mais peut-être qu’il m’en pousserait, si j’allais sur la mer ! — Alors, reprit le père Doucy, ton oncle devrait en avoir ? ”
“ Catherine se trouva dans un merveilleux palais de diamants, où l’on marchait sur des tapis d’hermine, à travers des colonnades de cristal. Elle se trouva vite au faîte de l’édifice merveilleux. — Nous voici sur le haut du glacier, dit alors la tante avec un rire épouvantable ; il faut avoir le courage de me suivre sur la grande dent. Prends-toi à ma robe, allons ! il ne s’agit pas d’avoir peur. Le nuage rose t’attend, et tu lui as donné ta parole. Catherine prit la jupe de sa tante, mais elle glissa et ne put monter. Alors la tante lui dit : — Prends la corde et ne crains rien ! ”
