“ Chère miss Elsie, répondit le précepteur en riant, je comprends maintenant ce qui s’est passé et je vous bénis de m’avoir soustrait à la haine de cette pauvre fée, qui n’est pas méchante non plus, mais qui est bien plus singulière que moi ! Quand Elsie eut bien dormi, elle trouva fort invraisemblable que M. Bat eût le pouvoir de devenir homme ou bête à volonté. À déjeuner, elle remarqua qu’il avalait avec délices des tranches de bœuf saignant, tandis que miss Barbara ne prenait que du thé. ”
Elsie
Définition et enjeux
Citations sur “Elsie”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
(1876)
“ Tuez-la, étouffez-la, Elsie! Serrez bien fort, étouffez ce mauvais génie, cet affreux précepteur qui me persécute! Elsie ne comprenait plus rien à la folie de sa gouvernante; elle n'aimait pas à tuer et trouvait les chauves-souris fort utiles, vu qu'elles détruisent une multitude de cousins et d'insectes nuisibles. Elle secoua son mouchoir instinctivement pour faire échapper le pauvre animal; mais quelle fut sa surprise, quelle fut sa frayeur en voyant M. Bat s'échapper du mouchoir et s'élancer sur miss Barbara, comme s'il eût voulu la dévorer ! ”
Mrs Henry de la Pasture,
Jeanne la petite mère ; "The Toy tragedy"…
(1925)
“ « Elsie, ma chérie, reprit lady Davening, que voulez-vous? Que faut-il pour vous faire plaisir? Dites-le-moi. Je ne veux pas que rien vous manque, pauvre petite mignonne, et je veux surtout que vous ayez confiance en moi! Parlezmoi comme vous le feriez à votre maman, puisque je la remplace désormais auprès de vous. » Elsie faisait sauter dans ses deux mains ces bijoux qui représentaient une véritable fortune. ”
E.-D. Forgues,
Elsie Venner, épisode de la vie américaine
“ Or, Elsie, je suis votre ami, que vous le sachiez ou non... Dites-moi ce que je pourrais faire pour rendre votre existence plus heureuse qu’elle ne semble l’être ?... — Aimez-moi ! dit simplement Elsie Venner. En face d’une requête pareille et de l’aveu qu’elle implique, placez l’homme le moins embarrassé de sa personne, que fera-t-il ? Quant à Bernard, ce fut pour lui l’émotion la plus vive, la plus pénible, la plus humiliante, me disait-il, que jamais il eût éprouvée. ”
Mrs Henry de la Pasture,
Jeanne la petite mère ; "The Toy tragedy"…
(1925)
“ Je ne sais comment apprendre cela à Elsie, dit lady Davening, ses beaux yeux mouillés de larmes. C'est trop cruel. Elle aime tellement son père! Pauvre enfant! Ne pourriez-vous le lui annoncer vous-même, Philipp? — Je dois aller au presbytère prévenir les autres enfants. Cela est également pénible. Elsie vous aime beaucoup, il lui sera moins douloureux d'être prévenue par vous. — Pauvres petits! reprit tante Eila; qu'allezvous en faire? Les voici orphelins et sans aucune ressource. — J'y penserai, répondit sir Davening. ”
Mrs Henry de la Pasture,
Jeanne la petite mère ; "The Toy tragedy"…
(1925)
“ Une flamme de curiosité s'alluma dans les prunelles d'Elsie, elle regretta de ne pas comprendre suffisamment le français pour savoir ce que tante Eila venait de prononcer. La gouvernante sortie, lady Davening prit sa nièce sur ses genoux et elle murmura, d'une voix très tendre et très douce, en posant sa main blanche sur les cheveux bouclés de l'enfant : « Elsie, vous me disiez l'autre soir que vous pensiez souvent avec tristesse qu'un jour ou l'autre il faudrait nous quitter. que votre. que votre père. vous reprendrait! » Le cœur de la fillette se serra; elle crut son secret découvert. ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Elsie, lui dit-il pourtant sans trop hésiter, je désire tellement vous être un secours, un utile appui, acquérir votre sympathie et votre confiance, que. je ne dois vous rien laisser dire, vous rien laisser faire qui nous place, l'un vis-à-vis de l'autre, dans une position fausse... L'attachement que j'ai pour vous, Elsie, est celui que m'inspirerait une soeur en proie à des chagrins cachés,... au salut de laquelle je voudrais me consacrer, dussè-je, pour cela, mettre en péril mon bonheur et ma vie. Plus qu'aucune autre jeune fille à moi connue vous avez besoin d'un ami loyal... ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Quant aux papillons, puisque les plus petits que nous puissions apercevoir sont incontestablement plus beaux que les gros, il n’y a pas de raison pour qu’il n’en existe pas une foule d’autres encore plus beaux et plus petits dont les savants ne soupçonnent jamais l’existence. Miss Barbara en état là de sa démonstration, sans se douter qu’Elsie, qui s’était laissée glisser sur les marches du perron, dormait de tout son cœur, lorsqu’un choc inattendu souleva brusquement la petite lanterne des mains de la gouvernante et fit tomber cet objet sur les genoux d’Elsie réveillée en sursaut. ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Elsie demandait naïvement pourquoi tant de richesse et de beauté étaient prodiguées à des êtres qui vivent tout au plus quelques jours et qui volent la nuit, à peine saisissables au regard de l'homme.—Ah! voilà! répondit en riant la fée aux gros yeux. Toujours la même question! Ma pauvre Elsie, les grandes personnes la font aussi, c'est-à-dire qu'elles n'ont, pas plus que les enfants, l'idée saine des lois de l'univers. Elles croient que tout a été créé pour l'homme et que ce qu'il ne voit pas ou ne comprend pas, ne devrait pas exister. ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Le soir, aussitôt qu’Elsie quittait le salon en compagnie de sa bonne qui couchait auprès d’elle, miss Barbara se retirait avec empressement dans le pavillon qu’elle avait choisi et demandé pour logement, et on assurait qu’on y voyait de la lumière jusqu’au jour. On prétendait même que, la nuit, elle se promenait avec une petite lanterne en parlant tout haut avec des êtres invisibles. La bonne d’Elsie en disait tant, qu’un beau soir, Elsie éprouva un irrésistible désir de savoir ce qui se passait chez sa gouvernante et de surprendre les mystères du pavillon. ”
E.-D. Forgues,
Elsie Venner, épisode de la vie américaine
“ Son visage, qu’elle le forçait ainsi de contempler, était d’une pâleur mortelle, et sur les yeux de diamant flottait une sorte de vapeur qui, sous d’autres paupières que celles d’Elsie, se fût sans doute condensée, arrondie en deux grosses larmes. — Vos yeux sont fort beaux, Elsie, lui dit Bernard ; parfois d’un éclat difficile à supporter,... mais très adoucis pour le moment, ils laissent deviner qu’il y a chez vous bien des qualités précieuses, dont une amitié vraie pourrait tirer grand parti... ”
“ Je vais allumer ma lanterne, car la lune est couchée, et je vais vous reconduire au château. Comme elles descendaient les marches du petit perron du pavillon : — Je vous l’avais bien dit, Elsie, ajouta miss Barbara, vous avez été déçue dans votre attente, vous n’avez vu qu’imparfaitement mes petites fées de la nuit et leur danse fantastique autour de mes fleurs. Avec la loupe, on ne voit qu’un objet à la fois, et, quand cet objet est un être vivant, on ne le voit qu’au repos. Moi, je vois tout mon cher petit monde à la fois, je ne perds rien de ses allures et de ses fantaisies. ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Je ne dirai pas qu'il aimât Elsie, mais elle l'intéressait au plus haut degré. ELSIE VENNER. 57 Arrivé auprès du manoir, il attacha son équipage-à la porte et monta la grande allée du jardin. Tout à coup il s'arrêta court avec une sorte de frémissement. Un bruit singulier venait de frapper son oreille : c'était comme le crépitement d'une crécelle, continu, mais s'élevant et s'abaissaut en cadence. Il vint sur la pointe du pied se placer près de la fenêtre d'où le bruit semblait partir. ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Il a vraiment la vue sensible au point de ne plus voir du tout aux lumières.—Sans doute, sans doute! Mais comme il prend sa revanche dans l'obscurité! C'est un nyctalope et, qui plus est, un presbyte.Elsie ne comprit pas ces épithètes, qu'elle crut déshonorantes et dont elle n'osa pas demander l'explication. Elle était encore dans l'ombre de l'allée qui ne lui plaisait nullement et voyait enfin s'ouvrir devant elle le sombre berceau au fond duquel apparaissait le pavillon blanchi par un clair regard de la lune à son lever, lorsqu'elle recula en forçant miss Barbara à reculer aussi. ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Une simple question trouve ici sa place. Ne se pourrait-il pas qu'un homme en vienne à trop aimer son âme, à trop faire pour la sauver? La vieille Sophy, le même soir, dénouait les cheveux de sa maîtresse. Ils étaient trempés de rosée. Elsie avait passé plusieurs heures de suite à courir « la Montagne. » L'humble négresse ne se permettait pas la moindre question, mais Elsie voyait, dans la glace devant laquelle toutes deux se trouvaient, la physionomie inquiète de cette fidèle créature. ”
E.-D. Forgues,
Elsie Venner, épisode de la vie américaine
“ Mieux que la plus subtile analyse, une faculté plus noble, mise en jeu par le désir de porter remède à des souffrances inconnues, les lui livra l’un après l’autre. Au fond de cette nature impénétrable jusque-là, derrière ce voile mystérieux qu’une invisible main semblait étendre entre Elsie et tous ceux avec qui le sort la mettait en relations, Helen finit par discerner, à la place du monstre qu’elle s’était fait, une femme comme elle et comme bien d’autres. ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Le pouls d'Elsie ne se sent presque plus. Aucun stimulant ne l'arrache à sa torpeur. On dirait que la vie se relire lentement vers ses sources centrales, et on peut prévoir que votre enfant tombera peu à peu dans ce sommeil glacé dont on ne s'éveille plus... ”
E.-D. Forgues,
Elsie Venner, épisode de la vie américaine
“ Le docteur, jusque-là sur la réserve et plein de secrètes anxiétés, se leva tout à coup radieux : — Monsieur Langdon... Bernard, veux-je dire, vous êtes mon homme,. Comme vous m’avez parlé, je vous parlerai... Vous sentez-vous quelque inclination pour Elsie ?... Ce n’est point une vaine curiosité, c’est une sérieuse bienveillance qui me dicte cette question. — Elsie m’inspire un étrange intérêt, répliqua le jeune homme sans hésiter. Son caractère a comme une saveur de sauvagerie qui la distingue de toutes les créatures que j’ai connues... Elle porte l’empreinte du génie... ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Ils marchèrent donc ensemble vers la mansion-house des Dudley. « Je n'ai pas un ami, dit Elsie, rompant tout à coup le silence qu'ils avaient jusque-là gardé tous deux. Personne ne m'aime, à l'exception d'une bonne vieille qui ne m'a jamais quittée depuis mon enfance... Et moi, je ne puis aimer personne... On prétend, le savez-vous? que mon regard possède la singulière puissance de forcer les gens à venir vers moi... et toutefois il leur fait perdre connaissance... Voulez-vous, je vous prie, regarder mes yeux?» ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ La chambre d'Elsie était bizarre comme ses manières et son ajustement. C'était une espèce de musée forestier, collection d'objets que, dans l'épaisseur des bois, l'oeil d'un profane ne saurait discerner, et que ceux dont le regard est plus exercé seraient parfois bien embarrassés d'atteindre : des nids de corbeaux, par exemple, toujours perchés à l'extrême cime des arbres les plus élevés; des oeufs d'oiseaux rares qui veulent, pour être conquis, un oeil d'aigle et des jambes de chamois ”
E.-D. Forgues,
Elsie Venner, épisode de la vie américaine
“ Parmi les jeunes filles dont la curiosité n’avait pas manqué de suivre les péripéties de ce drame muet se trouvait une pauvre enfant, pâle et délicate, que ses grands yeux ouverts, particulièrement aptes à percer l’obscurité, faisaient surnommer la clairvoyante. Dans un de ces courts répits qu’on accorde, entre deux leçons, à l’attention fatiguée des élèves, la clairvoyante se leva et vint, un album d’autographes à la main, prier Elsie d’y écrire quelque chose. ”
“ Vous vous trompez, Elsie, je jure qu’un moment de courage peut nous sauver tous trois. Ne rougissons plus d’une faute que le mensonge aggrave. N’usons plus nos forces à déplorer une faiblesse irréparable ; faisons-en une énergie, un devoir, un avenir nouveau. Sachez que votre mari aspire à rompre les liens qui vous unissent et qui, à votre insu, n’ont pas été régulièrement formés. Ne le trompez pas davantage. Allez chercher Hélène et fuyons ensemble. ”
Jean-Jacques Ampère,
Revue des Deux Mondes
“ Rien n’est plus charmant que la conversation du prince et d’Elsie chevauchant ensemble à travers les forêts de l’Allemagne. La vie silencieuse et recueillie des religieux fidèles à leur vocation et les désordres qui souillaient parfois les cloîtres mal réglés sont opposés dans ce poème comme dans l’histoire. ”
Joseph-Émile Poirier, Les arpents de neige
“ C’est vrai, fit miss Elsie avec une feinte confusion. Pardonnez-moi mon étourderie... dans mon désir de rassurer mon frère, je n’avais pas réfléchi... calculé les conséquences... Mais, maintenant que vous êtes devant moi, je suis presque effrayée de ce que j’ai osé vous demander... Je vois tellement que c’est impossible... les dangers... votre vie... ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Et puis il fallait vivre pour cette enfant que la morte lui léguait ; mais avec quelles pensées amères il la contemplait parfois! Il y avait des moments où, voyant un sourire.sur ses petites lèvres roses, une calme sérénité sur ce front enfantin, il se sentait ému de tendresse, et, les bras étendus, voulait la prendre à sa nourrice. Tout à coup les yeux brillants se rétrécissaient, la tête se rejetait, en arrière, et alors, frissonnant de la tête aux pieds, le pauvre père n'osait plus, disons mieux, ne pouvait plus, penché vers son enfant, poser ses lèvres sur les joues d'Elsie. ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Le docteur, avec toute sa pratique, ne pouvait se rendre compte de ce lent et graduel affaissement des facultés vitales, ni par aucun moyen en retarder le progrès continu. « Ayez soin, avait-il dit, qu'elle ne fasse aucun effort musculaire. Le moindre mouvement excessif, chez une personne aussi affaiblie, peut suspendre à l'instant même les battements du coeur ; si le sien s'arrête une fois, il ne battra plus jamais. » Helen veillait avec un soin religieux à l'observation stricte de cette consigne. Tout au plus permettait-elle à Elsie de soulever le bras, de murmurer quelques paroles. ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Elsie avait veillé plus tard que de coutume, elle n’avait pas eu toute la surprise et tout le plaisir qu’elle se promettait et le sommeil commençait à la gagner. — Il y a des êtres infiniment petits, dont on ne devrait pas parler sans respect, répliqua miss Barbara, qui ne faisait pas attention à la fatigue de son élève. Il y en a qui échappent au regard de l’homme et aux plus forts grossissements des instruments. ”
Joseph-Émile Poirier, Les arpents de neige
“ Et puis, quand une fille de vingt ans se sent passionnément aimée par un homme qui lui est indifférent, elle est assez communément portée à abuser de la situation, soit par coquetterie, soit par intérêt... Or, pour l’Anglaise pratique qu’était miss Elsie, de tels intérêts étaient en jeu qu’elle se fût considérée comme coupable de ne pas agir ; aucun scrupule ne la retenait, du reste : ce jeune homme n’était, en somme, à ses yeux, qu’un ennemi qu’il s’agissait de combattre. ”
Mrs Henry de la Pasture,
Jeanne la petite mère ; "The Toy tragedy"…
(1925)
“ Lady Davening, cependant, s'arracha aux caresses de Paméla et descendit auprès de sa malade. Elsie était réinstallée dans son lit. « Chérie, lui dit tante Eila très doucement, comme la nurse s'éloignait, tâchez d'être plus affectueuse pour votre oncle. — Je vous aime, vous, répondit Elsie en jetant ses bras autour du cou de tante Eila. Je vous aime mieux que personne au monde, excepté Jeanne. Mais j'aime Jeanne plus encore; elle ne cessera jamais de m'aimer, elle, malgré ce que j'ai fait! — Ce que vous avez fait, mon petit ange de pureté! » ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Pour quelque raison inexplicable, il se sentaithors d'état de tenir en place : tantôt il voulait aller vers Elsie et lui parler, tantôt, trouvant intolérable l'éblouissante clarté de ces froides prunelles, il se sentait pour ainsi dire contraint à fermer les paupières ”
Émile Daurand Forgues,
Elsie Venner. La Sorcière à l'ambre…
(1862)
“ Contre l'influence étrangère qui les tenait asservis, ses instincts de femme, si profondément enracinés, se révoltaient maintenant, cherchant à se faire jour. Cette jeune fille si dissimulée, si habile à s'envelopper de mystère quand elle cédait aux impulsions dangereuses de sa double nature, ne savait plus rien déguiser du sentiment involontaire auquel elle s'abandonnait, délicieusement émue, devant le seul être qui jamais eût éveillé en elle Un vif besoin de dévouement et de sympathie. Par hasard ou par malheur, comme on le voudra, Bernard Langdon ne prenait pas garde à Elsie. ”
