Joseph-Émile Poirier

Résumé

Joseph-Émile Poirier Les arpents de neige

Quand comptes-tu prendre le chemin de Batoche ?
— Aussitôt que possible...
— Bon ! je serai de retour avant le coucher du soleil.
L’éclaireur se retira, et Dumont ne tarda pas à entendre les pas du cheval qui s’éloignait.
— Le général Middleton en a assez pour l’instant, c’est clair ! murmura-t-il, les yeux fixes comme un homme qui suit sa pensée. Mais, dans huit jours ou dix jours, il faudra que les Bois-Brûlés veillent au grain... D’« icite » à ce temps-là, on n’a qu’à se préparer pour les recevoir comme ils méritent.
Un ronflement sonore interrompit son soliloque.
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Joseph-Émile Poirier Les arpents de neige

Cependant, le chef des Métis s’était levé.
Jean-Baptiste La Ronde fit un signe, et la plus jeune de ses filles apporta sur la table une bouteille de rhum et des verres.
Alors, le vieux François ayant porté un toast aux « Franças de France », une dizaine de voix de tous les timbres jaillirent des poitrines...
Soudaine, irrésistible, une émotion serra la gorge du jeune homme : mille choses confuses se levèrent en lui et le troublèrent jusqu’au fond de l’être... Il la sentait, en ce moment, si vibrante, si proche de la grande patrie, cette petite France de la Saskatchewan !
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Joseph-Émile Poirier Les arpents de neige

Jean, dans une brusque volte-face, saisissait son revolver lorsque le Loucheux, levant le bras, s’écria :
— Ne tire pas ! L’Indien ne veut aucun mal au Sang-Mêlé... Si tu tires, dans un instant, vingt Pieds-Noirs seront ici... Tu feras donc mieux de te tenir tranquille...
— Le chien a raison ! s’écria rageusement Pierre, qui s’était arrêté au milieu de l’échelle, le drapeau dans une main, accroché de l’autre à un barreau... Mais, dis-moi donc, Pitre-le-Loucheux, lequel vaut mieux : se livrer à un guerrier Pied-Noir ou à un homme qui a trahi les siens ?
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