Résumé

Portrait de Maurice Barrès Maurice Barrès Sous l’œil des barbares

Suivie de Lucius, Amaryllis entra pleine de trouble et de charme. La vierge les accueillit avec simplicité.
— Tu es belle, Amaryllis, il convient donc que tu sois des nôtres. Tu connaîtras ce que fut la Grèce, ses portiques sous un ciel bleu, ses bois d’oliviers toujours verts et que berçait l’haleine des dieux, la joie qui baignait les corps et les esprits sains, et ton cœur mobile comprendra l’harmonie des désirs et de la vie. Plotin, à qui les dieux se confièrent, avait coutume de dire : « Où l’amour a passé, l’intelligence n’a que faire. »
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Portrait de Maurice Barrès Maurice Barrès Sous l’œil des barbares

Au premier feuillet on voit une jeune femme autour d’un jeune homme. N’est-ce pas plutôt l’histoire d’une âme avec ses deux éléments, féminin et mâle ? ou encore, à côté du Moi qui se garde, veut se connaître et s’affirmer, la fantaisie, le goût du plaisir, le vagabondage, si vif chez un être jeune et sensible ? Que ne peut-on y voir ? Je sais seulement que mes troubles m’offrirent cette complexité où je ne trouvais alors rien d’obscur. Ce n’est pas ici une enquête logique sur la transformation de la sensibilité ; je restitue sans retouche des visions ou émotions, profondément ressenties.
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Très sec, opulent et considéré, il connaît alors la douceur de tendre son esprit vers la froide science qui grise et de contracter d’égoïstes jouissances son cœur et sa cervelle. Heures exquises et rapides où, fort bien installé, l’on rêve de Baruch de Spinoza qui, lassé de méditation, sourit aux araignées dévorant des mouches, et ne dédaigne pas d’aider à la nécessité de souffrir, — où l’on assiste Hypathie, la servante de Platon et d’Homère, très vieille et très pédante, — où l’on s’attendrit jusqu’aux pleurs et sur soi-même devant l’immortel trésor des bibliothèques.
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