Henriette de Mannoury d’Ectot

Résumé

Henriette de Mannoury d’Ectot Mémoires secrets d’un tailleur pour dames (1880)

Après quelques années remplies d’un calme plat, M. de Zayska mourut ; je me trouvai veuve à 25 ans, ayant une fortune bien nette, bien acquise, et alors je voulus vivre à mon goût. Peut-être, me disais-je, aimerais-je et serais-je aimée, là est le vrai bonheur. Le temps de mon deuil écoulé, je rentrai dans le monde, je courus les bals, les fêtes, je devins comme vous le savez, et grâce à vous, mon cher Burt, une femme à la mode. Cela amusait mon esprit, mais non mon cœur et j’étais relativement heureuse, lorsqu’un jour je rencontrai le comte Raphaël de Noirac.
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Henriette de Mannoury d’Ectot Mémoires secrets d’un tailleur pour dames (1880)

Non, mon ami, non ; mais ne parlons plus de cela, jouis du moment et ne pense pas à l’avenir.
La coquette tendit ses lèvres à son amant qui la pressa contre son cœur en oubliant dans cette douce étreinte le reste du monde.
Les heures s’écoulent vîte entre deux amoureux, aussi Emmanuel trouvait-il que Marie, qui pourtant venait passer quelques heures tous les jours près de lui, était bien avare de son temps.
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Henriette de Mannoury d’Ectot Mémoires secrets d’un tailleur pour dames (1880)

Mais si, car c’est le seul moyen de détourner la colère de mon mari ; d’ailleurs, tu m’aimeras toujours, toujours, n’est-ce pas ?
Et elle se roulait dans ses bras avec des mouvements de chatte amoureuse. Comment résister à ces beaux yeux en pleurs, à ces formes voluptueuses ?
Ils passèrent deux heures à se consoler, sur l’autel des amours, et le lendemain Sosthènes, aussi tout de noir habillé, comme pour un enterrement, alla demander la main d’Isaure, qu’il épousa. Puis il repartit pour sa province avec sa jeune femme en bénissant sa belle-mère dont il mêla toujours le nom à ses prières.
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