Charles Baudelaire,
Revue des Deux Mondes
“ Ange plein de gaîté, connaissez-vous l’angoisse ? Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine, Les poings crispés dans l’ombre, et les larmes de fiel, Quand la Vengeance bat son infernal rappel, Et de nos facultés se fait le capitaine ? Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ? Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres, Qui, le long des grands murs de l’hospice blafard, Comme des exilés, s’en vont d’un pied traînard, Cherchant le soleil rare, et remuant les lèvres ? Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ? ”
