“ Pour celui qui sait lire, la Vie de Jésus est un vaudeville, a tous les éléments d’un bon vaudeville, moins le naturel et la facilité. L’abbé Cénabre, lui, n’a jamais nié le miracle, et même il a le goût du miraculeux. Il n’approche les grandes âmes que dans un sentiment de vénération, et sa curiosité même a un tel élan qu’on la prendrait pour l’amour. Il lui est simplement donné d’imaginer un ordre spirituel découronné de la charité. ”
Citations sur “abbé Cénabre”
“ Écoutez-moi, reprit l’abbé Cénabre avec douceur, cette question vous peut surprendre dans sa simplicité. Chacun porte un jugement sur sa propre personne, mais il y entre peu de sincérité, qu’on le veuille ou non : c’est une image retouchée cent fois, un compromis. ”
“ L’évêque de Paumiers ne put supporter ce silence plus longtemps : — Permettez ! cher ami, fit-il enfin, vous aviez choisi... Mais Pernichon l’interrompît brusquement : — Que pensez-vous de l’abbé Cénabre ? dit-il. — C’est un homme d’une intelligence exceptionnelle... tout à fait exceptionnelle, commença le prélat — un homme hautement respectable, bien que discuté, âprement discuté, un historien dont la conscience, le talent... — Ce n’est pas ce que je demande ! s’écria l’auteur des Lettres de Rome avec une irritation contenue. ”
“ — Mon cher enfant, dit l’abbé Cénabre, de sa belle voix lente et grave, un certain attachement aux biens de ce monde est légitime, et leur défense contre les entreprises d’autrui, dans les limites de la justice, me semble un devoir autant qu’un droit. Néanmoins, il convient d’agir avec prudence, discrétion, discernement... La vie chrétienne dans le siècle est toute proportion, toute mesure : un équilibre... On ne résiste guère à ces violences selon la nature, mais nous pouvons en régler le cours avec beaucoup de patience et d’application... ”
“ La tête penchée, les yeux clos, ses minces lèvres un peu serrées par un douloureux sourire, l’abbé Cénabre semblait attentif au murmure familier, bien qu’il n’en perçût encore que l’odeur. Une odeur fade et comme fanée, moins atroce qu’écœurante, flotte en effet autour de cet homme chétif, dévoré d’une austère envie. Mais sa conscience est d’une fétidité plus douce encore. ”
Louis Brullée, Vie du R. P. Muard,... Par M. l'abbé Brullée… (1863)
“ Le cénobite, qui sait qu'il doit travailler, non-seulement à sa sanctification, mais encore à celle des autres, et que, sans sortir de son monastère, il peut, par ses prières, par ses pénitences, par son travail et par toutes ses actions aider efficacement ses frères les missionnaires et sauver avec eux des âmes, remplira ses devoirs avec une plus grande ferveur ; l'esprit de pénitence et d'expiation qui doit l'animer, sera sans cesse excité par le zèle qui enflammera son coeur. Le missionnaire surtout trouvera, dans la vie cénobitique, des secours puissants; pour le succès de son ministère ”
Antoine Ricard, L'abbé Combalot, missionnaire apostolique… (1891)
“ Il n'y a rien, ce nous semble, dans notre littérature sacrée contemporaine, de notablement supérieur à cette langue colorée, riche d'images, pleine d'onction et de foi profonde. D'autres souvenirs revivent dans ce même discours, en particulier celui du saint désert, où il avait porté ses premiers feux, au sortir du Cénacle, en y entraînant ses compagnons d'ordination. Il revenait là, presque tous les ans, pour s ensevelir dans une retraite profonde, où sa piété et sa grande foi édifiaient les cénobites eux-mêmes. ”
Z. Gosse, Discours prononcé en l'Eglise de Saint-Etienne-du-Centre… (1883)
“ Par ses prodiges, sa charité, ses prédications, l'apôtre triomphe enfin : en un seul jour, plus de vingt mille Cénomans renoncent au Paganisme ; dans une autre circonstance, le chef de la tribu, avec ses plus vaillants guerriers, courbe son front sous la main du Pontife pour recevoir l'empreinte régénératrice. La lumière se fait, partout les idoles sont renversées, des temples s'élèvent et parmi eux une basilique aux vastes proportions que les siècles suivants achève- ront. ”
Étienne Bavard, Vie du vénérable Bénigne Joly, le père des pauvres… (1878)
“ Il estimait tellement le serviteur de Dieu, qu'il le supplia de l'admettre sous son toit. Le Vénérable l'accueillit avec empressement : les deux chanoines prièrent et mangèrent ensemble, et dès lors ces deux âmes ne firent plus qu'une seule âme. L'archidiacre avait tant de déférence pour son jeune collègue, qu'il se plaisait à se conformer à ses avis, et que c'était dans sa chambre que se faisaient les exercices de piété. Il honorait en lui l'image et le représentant de Jésus, le prêtre éternel. ”
Gustave Chevallier, Le vénérable Guillaume, abbé de Saint-Bénigne… (1875)
“ En revenant de Rome, le Vénérable s'arrêta à Fructuare. Depuis son dernier voyage d'Italie, l'église et le monastère avaient été entièrement terminés. Les religieux étaient plus nombreux et la situation matérielle de l'abbaye était florissante. Le saint abbé dut ressentir une vive joie à la vue des bénédictions que le Seigneur avait répandues sur son œuvre. Il eut alors l'idée d'établir à Fructuare une école double semblable à celle de Sainte-Trinité de Fécamp. Ainsi les moines joindraient aux pratiques de la vie contemplative les travaux de l'étude et l'exercice de la charité. ”
Gustave Chevallier, Le vénérable Guillaume, abbé de Saint-Bénigne… (1875)
“ Le jour de la fête de Noël, il fit rassembler dans sa cellude tous les religieux de l'abbaye; il leur rappela les grâces signalées que Dieu avait faites aux moines bénédictins, depuis qu'il les dirigeait; il les exhorta à rester toujours fidèles aux engagements de leur sainte profession; puis demanda le saint Viatique. Quand il l'eut reçu, il se recueillit quelques moments, comme absorbé dans la muette contemplation du Dieu qui venait à lui. Tout-à-coup il fait un effort pour se soulever et murmure une dernière bénédiction. ”
Gustave Chevallier, Le vénérable Guillaume, abbé de Saint-Bénigne… (1875)
“ Ce fut à cette époque que se produisit à Saint-Bénigne un événement fort singulier, et qui sans doute ne contribua pas beaucoup à ranimer la ferveur des cénobites. Deux moines arrivèrent un jour à l'abbaye, apportant d'Italie, disaient-ils, le corps d'un saint auquel ils avaient grande dévotion, mais dont ils avaient oublié le nom. L'évêque Teutbald ne permit pas d'exposer à la vénération des fidèles des reliques si suspectes ; il ne voulut pas non plus les rejeter Ce n'est qu'en 870 que nous voyons une tentative sérieuse de réforme. ”
François-Xavier Redon, Le révérendissime dom Marie Bernard… (1907)
“ Trois semaines après (16 septembre) , la solitude de Sénanque, d'ordinaire silencieuse et recueillie, s'anima tout à coup : une joie plus expansive se répandit sur tous les fronts : les Religieux Bernardins, sortis de l'abbaye, montaient d'un pas empressé le côteau qui conduit à la grande route ; ils venaient d'apprendre que Mgr l'Archevêque, qui était pour eux le père le plus bienveillant, leur apportait les douces consolations de sa présence, les affectueux encouragements de sa parole, les précieuses et solides espérances de ses bénédictions. ”
Anatole-Henri-Philippe de Ségur,
Vie de l'abbé Bernard, vicaire général de Cambrai
(1883)
“ J'ai connu dans ma vie peu de prêtres possédant à un si haut dégré, avec le zèle des âmes, avec l'amour de notre Seigneur et de la sainte Église, l'esprit vraiment sacerdotal. M. l'abbé Bernard était, dans le meilleur sens de ce mot, un vrai prêtre, un prêtre selon le cœur de Dieu. Il s'échappait de toute sa personne je ne sais quoi de pur et de saint qui se communiquait aux âmes assez heureuses pour s'approcher de la sienne. La religieuse modestie qui composait tout son extérieur traduisait au dehors, à son insu, avec sa grande piété, sa profonde humilité. ”
Laure Conan,
Silhouettes canadiennes
“ Ils accueillirent l’abbé de Calonne avec une joie intense. Ils l’entouraient, le suivaient, et bénissant leurs persécuteurs qui laissaient venir à eux un prêtre français, ils lui prodiguaient les marques les plus touchantes de vénération. La vue de ces infortunés, l’ardeur de leur foi et l’abandon où ils se trouvaient bouleversèrent l’abbé de Calonne. Le feu sacré qui fait l’apôtre s’alluma dans son cœur et cette divine flamme dévora en un instant tous les regrets, tous les désirs humains. ”
Gustave Chevallier, Le vénérable Guillaume, abbé de Saint-Bénigne… (1875)
“ La foule muette et anxieuse attend. Aussitôt le saint se penche sur le visage de l'infortuné serviteur; il l'arrose de ses pleurs, et se recueillant, demeure, quelques instants, en prière. Tout-à-coup un cri d'étonnement s'échappe de toutes les bouches. La victime a frissonné; elle ouvre les yeux, et d'un regard tranquille et serein reconnaît son bienfaiteur. Tous saluent le prodige de leurs acclamations: on croit à l'innocence du condamné, et l'on reconduit, en triomphe, à l'abbaye le thaumaturge et son serviteur justifié. La sainteté brillait sur le front de l'abbé de Saint-Bénigne. ”
François-Xavier Redon, Le révérendissime dom Marie Bernard… (1907)
“ Tel est, Monseigneur, l'état sommaire de cette Œuvre de Sénanque, que Sa Sainteté daigna bénir, il y a moins de deux ans, dans la personne du Supérieur actuel, le Père Marie Bernard. C'est à cette bénédiction que nos religieux reportent avec raison tous leurs progrès et qu'ils rattachent toutes leurs espérances pour l'avenir. Puissent-ils s'en rendre toujours dignes, consoler de plus en plus le cœur d'ailleurs si affligé du Très Saint Père, et mériter ainsi de devenir dans un meilleur monde un des petits fleurons de son immortelle couronne ! ”
Anatole-Henri-Philippe de Ségur,
Vie de l'abbé Bernard, vicaire général de Cambrai
(1883)
“ « Mon ami lui dit l'abbé Bernard, votre marche n'est pas en rapport avec la soutane que vous portez. Surveillez-vous afin que vos pieds marquent leur empreinte toute entière sur le sol, au lieu de sautiller, comme vous le faites. » C'est ainsi que, dans son zèle d'apôtre, il ne négligeait rien pour former le prêtre dans le séminariste; qu'il reprenait, instruisait, sans affectation, comme sans respect humain, avec une charité toujours éveillée et toujours aimable, et qu'on trouvait dans sa personne un modèle accompli pour tout réformer en soi, à l'intérieur comme à l'extérieur. ”
Gustave Chevallier, Le vénérable Guillaume, abbé de Saint-Bénigne… (1875)
“ Il est temps de réunir dans un seul tableau tous les traits de la physionomie du vénérable abbé de Saint-Bénigne. Bientôt il va quitter la terre pour la vraie patrie, et, chargé d'années autant que de mérites, il apparaît plus admirable dans cette douce majesté d'une vieillesse couronnée de gloire et de sainteté. ”
Abel-Anastase Germain,
Discours prononcé le 21 octobre 1893…
(1893)
“ Il aima ses frères. On le vit bien, lorsqu'il y a quelques années l'influenza sévit à l'Abbaye. Neuf religieux sont atteints à la fois. Et l'Abbé, tout épuisé qu'il est, se multiplie jour et nuit. Il est partout, il est à tous, veillant par lui-même à ce qu'aucun soin ne soit négligé. Sous des formes plus ou moins sévères, on sentait battre dans sa poitrine un cœur d'or, un vrai cœur de Père. ”
Michel André, Dictionnaire de droit canonique et des sciences en connexion avec le droit canon… (1894-1901)
“ Le saint Concile approuvant, en perpétuel souvenir. Le Pasteur éternel et l'évéque de nos âmes, afin de rendre perpétuelle l'oeuvre salutaire de la rédemption, résolut d'édifier la sainte Eglise, en laquelle, comme dans la maison du Dieu vivant, tous les fidèles sont unis par le lien d'une même foi et d'une même charité. C'est pourquoi, avant qu'il fut glorifié, il pria son Père, non-seulement pour les Apôtres, mais aussi pour ceux qui, par leur parole devaient croire en lui, afin que tous fussent un comme le Fils lui-même et le Père sont un. ”
François-Xavier Redon, Le révérendissime dom Marie Bernard… (1907)
“ A l'heure où nous traçons ces lignes, quinze religieux, dont deux sont prêtres, se livrent avec ardeur dans cette paisible retraite, aux travaux des champs et à la prière. A la vue de ces cénobites, qui dans la force de l'âge ont tout quitté, pour se vouer aux exercices de la vie religieuse, et aux rudes travaux de la campagne, n'attendant que de Dieu la récompense de leurs sueurs, on se sent saisi d'admiration et pénétré de respect. ”
Gustave Chevallier, Le vénérable Guillaume, abbé de Saint-Bénigne… (1875)
“ Nouveau Béséléel de la maison de Dieu, c'est lui qui, donnant les plans et dirigeant les artistes, prêtera à la pierre la parole et la vie pour louer le Seigneur (1) . De plus, il profite des circonstances, qui le retiennent parmi ses moines, pour affermir à l'abbaye la règle bénédictine. A peine venu de Cluny, on s'en souvient, il avait dû quitter Dijon, se rendre dans plusieurs monastères, visiter deux fois Rome et séjourner en Normandie. Or, quelle que fût la ferveur des religieux de Saint-Bénigne, ils avaient souffert de l'absence prolongée de leur abbé ”
Abbé Rigaud, Vie du vénérable serviteur de Dieu… (1885)
“ Ce qui m'a le plus touchée dans la vie de notre vénérable Bon Père, c'est son esprit de foi, cette présence de Dieu, qui ne le quittait jamais, cette piété tendre et fervente, cette sainteté de vie, dont la seule vue inspirait l'amour de la pénitence et le désir d'une mort entière à soi-même. ”
Louise Francoz, Le Mont-Cenis sous Dom Gabet. Histoire de Dom Gabet… (1879)
“ Appelé à réagir contre le torrent de l'incrédulité et le débordement des passions, le nouvel-apôtre devait, pour ne pas succomber lui-même, être armé des vertus les plus solides, les plus éprouvées, et en particulier d'un grand esprit de foi, d'une confiance en Dieu sans bornes, d'une charité brûlante, d'une patience inébranlable et d'un courage surhumain. ”
Louise Francoz, Le Mont-Cenis sous Dom Gabet. Histoire de Dom Gabet… (1879)
“ « Ils se crurent obligés de donner à ce digne Abbé, qui tant de fois les avait accueillis dans son hospice, un témoignage solennel de leur reconnaissance, de leur estime et de leurs regrets. Incontinent l'église se remplit de militaires qui entrent sans distinction de rang, se mêlent aux religieux et restent à genoux profondément recueillis pendant tout le temps de l'office. Jamais les armées françaises, par un ordre officiel, n'eussent été plus dignement représentées dans cet acte religieux, pour payer à l'Abbé du Mont-Cenis le tribut d'honneur et de prières qu'elles lui devaient (1) . » ”
Jean-Baptiste Pardiac, Histoire de saint Abbon, abbé de Fleury-sur-Loire et martyr à La Réole en 1004… (1872)
“ Abbon, en sa qualité d'abbé, avait besoin de l'intégrité de sa réputation ; il ne pouvait donc, à aucun prix, en faire le sacrifice. Son honneur inté- ressait ses frères, son abbaye, son Ordre et la sainte Eglise ; il se devait à lui-même et aux autres de le conserver intact. Il pouvait encore moins laisser planer des doutes sur sa foi ; l'orthodoxie pour un docteur de l'Église est comme la pudeur pour une vierge : elle ne doit pas être soupçonnée. C'est surtout dans les questions religieuses qu'un cénobiarque doit être et paraître irréprochable. ”
Anatole-Henri-Philippe de Ségur,
Vie de l'abbé Bernard, vicaire général de Cambrai
(1883)
“ « Prions beaucoup, écrivait-il en même temps au prêtre qui tenait alors compagnie à l'abbé Bernard ; faisons violence au cœur de Notre-Seigneur en faveur d'un saint prêtre, qui au lieu de se décourager, aurait plutôt à craindre de se complaire dans tout ce qu'il a fait pour la gloire de Dieu, pour l'Église et l'honneur de la Sainte Vierge, pour la sanctification de sa famille et de sa chère ville natale ». ”
Abbé X., Vie de monsieur l'abbé Paul Rencker (1865)
“ D'où vient au prêtre ce zèle qui le presse de se dévouer, qui fait que nonseulement il donne tout, mais qu'il se donne encore lui-même pour le salut des âmes? C'est de son union intime avec Jésus-Christ. C'est par cette union que nous devenons en quelque sorte tout-puissants pour le bien; l'apôtre le dit : je PUIS TOUT dans celui qui est ma force. Avec ce secours, nous nous sentons portés aux actes les plus héroïques avec une facilité étonnante, nous devenons capables des plus grands sacrifices, nous embrassons la croix avec bonheur. ”
Benoît Colleur, Un Mois auprès de Notre-Dame de Lourdes… (1894)
“ Pendant ce temps, les autres apôtres, Marie et tous les fidèles, inquiets du sort réservé aux apôtrès, étaient restés au Cénacle. Pierre et-Jean, mis en liberté, arrivent enfin, font le récit de leur emprisonnement, exposent l'état d'esprit du sanhedrin et répètent les menaces faites à quiconque precherait Jésus ressuscité. Un sentiment profond d'indignation envahit tous les coeurs ”
Le P. Havard, Le Premier pèlerinage de pénitence et la Terre sainte… (1888)
“ Mais le monument le plus vénérable du Sion est le Saint-Cénacle, attenant, à l'est, à la maison de saint Jean. C'est là que Jésus lava les pieds de ses disciples, qu'il leur adressa ces touchantes instructions rapportées par saint Jean, là qu'il institua l'adorable sacrement de l'Eucharistie et le sacerdoce de la Loi nouvelle; là qu'il apparut plusieurs fois à ses disciples et leur donna le pouvoir de remettre les péchés ; là qu'il fit descendre sur eux le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte et qu'il leur donna mission d'aller prêcher l'Évangile par tout l'univers. ”
