Jean Lecluselle, Au camp de Soltau
“ Vous qui n’avez pas été privé de la vue de tout ce qui vous est cher, êtres et choses, ni de la liberté, ne pouvez connaître les souffrances de l’exilé ; vous qui n’avez point vu vos camarades privés de soins, mourir loin des leurs, loin de la patrie, ne connaissez pas la désespérance ni la rage de l’impuissance. Vous qui n’avez pas connu l’angoisse que nous ressentions en songeant aux êtres chers qui souffraient dans la mère-patrie, écrasée sous la lourde botte germanique, ou à ceux qui, dans les tranchées, tombaient pour notre délivrance et la vôtre, ne pouvez nous comprendre. ”
