“ La Germanie a bien secoue le joug, et c’est un fleuve, et non l’Océan, qui la protège ! Patrie, femmes, parents, voilà leurs motifs de guerre : l’ennemi n’en a d’autres que la débauche et la cupidité. Il fuira, comme a fui jadis ce fameux Jules, pourvu qu’ils imitent les vertus de leurs ancêtres. Et qu’on ne s’effraye point de l’issue d’un ou de deux combats : chez les malheureux l’attaque est plus vive, la constance plus ferme. Déjà les dieux mêmes ont pris pitié des Bretons, en éloignant le général romain, en tenant ses troupes reléguées dans une autre île. ”
Tacite
Élements biographiques
Tacite, historien, homme politique et orateur romain né en 56 et mort vers 120, incarne une figure centrale de la réflexion sur le pouvoir impérial. À travers ses œuvres majeures, les Annales et les Histoires, il dépeint avec acuité la décadence politique et morale de la Rome des empereurs julio-claudiens, alternant analyse critique et récit historique.
Son Vie d’Agricola célèbre les vertus d’un général et l’idéal de vertu romaine, tandis que La Germanie oppose la simplicité des Germains à la corruption de la métropole, soulignant une tension entre liberté et domination. Son style, à la fois dense et éloquent, révèle une réflexion profonde sur la tyrannie, la résistance passive et la fragilité des institutions, marquant son œuvre comme un pilier de la pensée antique.
Citations de Tacite
“ D’infâmes plaisirs, de scandaleux festins, des sociétés de femmes, voilà ce qu’il rêve aujourd’hui ; c’est là qu’il met le bonheur de régner, bonheur dont les joies, les voluptés seraient pour lui seul ; l’opprobre et la honte pour tous. Non, jamais pouvoir acquis par le crime ne fut vertueusement exercé. Galba fut nommé César par la voix du genre humain ; moi, par celle de Galba soutenue de votre assentiment. Si la république, si le sénat, si le peuple, ne sont plus que de vains noms, il vous importe, à vous, braves compagnons d’armes, que les derniers les hommes ne fassent pas un empereur. ”
Tacite,
Œuvres de C. C. Tacite
“ Alors je pie crois au dessus des tribunats, des prétures et des consulats ; je crois posséder ce qui nous vient de nous-mêmes et non d’autrui, ce que ne donnent point des titres, ce, qui ne vient pas à la suite d’une faveur. Eh quoi ! est-il aucune renommée, aucune louange dans un art quelconque, comparable à la gloire des grands orateurs qui sont remarqués dans Rome, non-seulement par ces hommes affairés tout entiers à leur négoce, mais aussi par ces jeunes gens, par ces adolescens, pour peu qu’ils joignent à un esprit droit une honorable ambition ? ”
