“ C’est toi qui livres à l’époux frémissant de plaisir, sa jeune épouse, tendre fleur ravie au sein de sa mère, dieu d’hyménée, ô Hymen ; ô Hymen, dieu d’hyménée ! Sans toi, Vénus n’a point de plaisirs que puisse avouer l’honneur : par toi ses feux deviennent légitimes. Quel dieu oserait s’égaler au dieu d’hymen ? Sans toi, nulle maison ne peut avoir de postérité, ni le père d’enfans qui propagent sa race : par toi les familles se perpétuent. ”
Citations de Poésies de Catulle (Catulle)
“ Quel est l’homme, si ce n’est un impudique, un dissipateur et un escroc, qui peut voir, qui peut souffrir qu’un Mamurra engloutisse tous les trésors de la Gaule Transalpine et de la Grande-Bretagne ? Ô le plus débauché des fils de Romulus ! tu le vois, tu le souffres ! tu n’es qu’un impudique, un dissipateur, un escroc. Jusques à quand, superbe et gorgé de richesses, ton favori, pareil au blanc ramier, à l’amant de Vénus, promènera-t-il de lit en lit ses feux adultères ? O le plus débauché des fils de Romulus ! tu le vois, tu le souffres ! tu n’es qu’un impudique, un dissipateur, un escroc. ”
“ Partez, mes tablettes, allez dire à Cécilius, le poète des amours, à Cécilius, mon compagnon de plaisirs, qu’il quitte pour Vérone la Nouvelle Côme, et les rives du Larius ; car je veux déposer dans son sein certaines confidences de notre ami commun. Qu’il parte donc, s’il est sage, qu’il dévore la route ; quand bien même sa maîtresse le rappellerait, mille fois ; quand bien même, jetant ses bras autour du cou de Cécilius, elle le supplierait de différer son départ, cette jeune beauté qui, si l’on m’a fait un récit fidèle, se meurt d’amour pour lui. ”
“ Et toi, jeune épouse, garde-toi de te montrer rébelle aux désirs de ton époux, ou crains qu’il n’aille chercher ailleurs les plaisirs que tu lui refuses. Vive, vive à jamais Hyrmen, dieu d’hyménée ! Devant toi s’ouvre l’heureuse et puissante maison de ton époux ; permets-lui de prévenir tous tes vœux. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée ! Jusqu’à ce que vienne la vieillesse aux cheveux blancs, à la tête tremblante, qui nous enlève à tous tous nos biens. ”
“ À LICINIUS. Hier, Licinius, tous les deux de loisir, comme nous en étions convenus, nous avons couvert mes tablettes de joyeux impromptus ; chacun de nous, s’escrimant en vers badins, traitait tantôt un sujet, tantôt un autre ; et, sous la double inspiration de la joie et du vin, payait tour-à-tour son tribut. Je t’ai quitté, Licinius, tellement enthousiasmé de ton esprit, de ta gaîté, que, loin de toi, tous les mets semblaient fades à ton malheureux ami : le sommeil ne pouvait fermer mes paupières ”
“ Puisse, au gré de tes vœux, s’élever à sa place un pont solide, que les bonds sacrés des Saliens eux-mêmes ne puissent ébranler ; mais avant, fais-moi jouir d’un spectacle qui me fera bien rire ! Je voudrais qu’un mien voisin tombât de ton pont dans la vase, qu’il s’y embourbât de la tête aux pieds, dans l’endroit le plus infect, le plus dégoûtant de tout le marais, là où le gouffre est le plus profond. L’homme en question est un sot qui n’a pas plus de sens qu’un marmot de deux mois qui dort bercé dans les bras de son père. ”
“ Conduis dans la nouvelle demeure, dont elle devient la maîtresse, cette vierge qui soupire après son époux ; qu’elle s’enchaîne à lui par les liens de l’amour, comme le lierre flexible embrasse l’ormeau de mille étreintes. ”
“ À FLAVIUS. Flavius, si la beauté qui te captive avait quelque chose d’aimable, de gracieux, tu voudrais me le dire, tu ne pourrais le taire à ton cher Catulle. Mais tu aimes je ne sais quelle courtisane aux caresses fiévreuses, et tu n’oses me l’avouer. Tes nuits, je le sais, ne se passent pas dans le veuvage ; ton lit, bien que muet, dépose contre toi ”
“ Supporte l’infortune avec constance, endurcis ton âme. Adieu donc, ô Lesbie ! déjà Catulle est moins sensible ; tu ne le verras plus chercher, supplier une beauté rebelle. Toi aussi, perfide, tu gémiras, lorsque tes nuits s’écouleront sans que nul amant implore tes faveurs. Quel sort t’est réservé ? qui te recherchera maintenant ? Pour qui seras-tu belle ? Quel sera ton amant ? De qui seras-tu la conquête ? Pour qui tes baisers ? Sur quelles lèvres imprimeras-tu tes morsures ?... ”
“ Mais, aujourd’hui, je ne réclame de votre amitié que de porter à ma maîtresse ces tristes paroles : Qu’elle vive heureuse et tranquille au milieu de cette foule d’amans qu’elle enchaîne par milliers à son char, sans en aimer aucun sincèrement, mais qu’elle énerve tous par ses lascives caresses. ”
“ Alors Acmé, la tête mollement inclinée, et pressant de ses lèvres de rose les yeux ivres d’amour de Septimius : Cher Septimius, ô ma vie ! s’il est vrai, dit-elle, que le feu qui brûle dans mes veines est plus fort, plus ardent que le tien ; ne servons jusqu’à la mort qu’un seul maître, et que ce soit l’Amour. ”
“ Est-il vrai que tu te caches dans un sein d’albâtre ? Si ta langue reste ainsi clouée à ton palais, c’est perdre tout le fruit de tes amours, car Vénus aime les indiscrétions. Ou bien encore, si tu ne veux pas desserrer les dents, permets-moi d’être le confident de vos amours. ”
“ Semblable à la souche qui gît dans un fossé, abattue par la hache du bûcheron, tel, et aussi insensible aux charmes de la belle que si elle n’était pas à ses côtés, mon nigaud ne voit rien, n’entend rien ; il ignore même quel est son sexe, et s’il existe ou non. Voilà l’homme que je voudrais voir tomber de ton pont la tête la première, pour secouer, s’il est possible, sa stupide léthargie. ”
“ CONTRE LES ANNALES DE VOLUSIUS. Annales de Volusius, bonnes à mettre au cabinet, c’est à vous d’accomplir le vœu de ma belle ; car elle a promis à Vénus, à son fils, si son Catulle lui était rendu, si je cessais de lancer contre elle mes ïambes redoutables, de livrer à Vulcain, à ses flammes vengeresses, les chefs-d’oeuvre du plus mauvais poète ; or, ce vœu, fait en riant, l’espiègle a bien pensé qu’il ne pouvait concerner que les rapsodies de Volusius. ”
“ En échange, tu recevras les témoignages d’une amitié sincère ; et, ce qui surtout rend un repas élégant, agréable, je t’offrirai des parfums dont les Grâces et les Amours ont fait don à ma jeune maîtresse ; en les respirant, tu prieras les dieux de te rendre tout nez des pieds à la tête. ”
“ Il est l’égal d’un dieu, il est plus qu’un dieu, s’il est donné à un mortel de surpasser les dieux, celui qui, assis près de toi, te voit, t’entend doucement lui sourire. Hélas ! ce bonheur m’a ravi l’usage de tous mes sens.................. ”
“ Ce même homme qui tout-à-1’heure nous semblait si plaisant, si rompu dans toutes les finesses de la saillie, devient le plus insipide, le plus assommant des lourdauds de village, dès qu’il se mêle de poésie : et pourtant il n’est jamais si heureux que lorsqu’il fait des vers. Il faut voir alors comme il rit dans sa barbe, avec quelle complaisance il s’admire ! C’est ainsi que tous, tant que nous sommes, nous nous faisons illusion à nous-mêmes, et qu’il n’est personne de nous qui n’ait quelque trait de ressemblance avec Suffenus. ”
“ Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. ”
“ Quel bonheur, lorsque, " libres de soins, notre âme dépose le fardeau de l’ambition ; lorsque, fatigués de nos lointains voyages, nous rentrons au sein de nos foyers domestiques, et que nous trouvons enfin le repos sur ce lit si long-temps désiré ! Il suffit à mes vœux, ce bonheur, unique fruit de tant de travaux. Salut, belle Sirmio, salut ! souris au retour de ton maître ; vous aussi réjouissez-vous, eaux limpides du lac de Côme ; que partout dans ma retraite retentissent des accens de la joie. ”
“ Satisfais tes désirs libertins où il te plaira, comme il te plaira, et tant que tu voudras, dans toutes les ruelles où tu trouveras un mignon de bonne volonté : je n’en excepte que le mien seul ; ce n’est pas, je crois, trop exiger. Mais si tes mauvais penchans, ta lubrique fureur allaient, scélérat, jusqu’à menacer la tête de ton ami ; alors, misérable, malheur à toi ! puisses-tu, les pieds liés, être exposé au supplice atroce que le raifort et les mulets font souffrir aux adultères. ”
“ Je dois donc t’avertir, pauvre Egnatius, que quand bien même tu serais né à Rome, ou chez les Sabins, à Tibur, ou chez l’Ombrien économe, chez l’Étrurien somptueux, ou le Lanuvien brun et bien endenté, ou, pour dire un mot de mes compatriotes, chez le Transpadin, ou tout autre peuple qui se rince la bouche avec de l’eau pure, encore ne te permettrais-je pas de rire ainsi à tout propos : car rien n’est plus sot qu’un sot rire. ”
“ Asinius le Marruccin, tu as la main un peu leste, quand le vin te met en gaîté ; tu profites de l’incurie des convives pour escamoter leurs mouchoirs. Tu trouves peut-être cela plaisant ? Tu ignores, sot que tu es, que c’est une action basse et ignoble. Tu en doutes ? Crois-en donc Pollion, ton frère, qui voudrait à prix d’or effacer le souvenir de tes larcins, dût-il lui en coûter un talent ; car il est, lui, un bon juge en fait de gaîtés et de plaisanteries. ”
“ Il faut l’assaillir de toutes parts, la relancer sans relâche : Sale coquine, rends-moi mes tablettes ; rends-moi mes tablettes, sale coquine. — Elle s’en soucie comme de rien ! — Infâme coureuse, rebut des mauvais lieux, et pire encore, s’il est possible. — Mais cela, je pense, ne suffit pas encore. Tâchons du moins, faute de mieux, de faire rougir le front d’airain de cette impudente chienne : criez tous à la fois et encore plus fort : Sale coquine, rends-moi mes tablettes, rends-moi mes tablettes, sale coquine. — Peine inutile ! rien ne l’émeut. ”
“ Pourquoi favoriser un tel fléau de l’humanité ? Que veut-il de plus ? prétendil aussi dévorer le patrimoine des plus riches familles ? est-ce donc pour enrichir un Mamurra que vous avez bouleversé l’univers, héros sans pareil, et toi, gendre bien digne d’un tel beau-père ? ”
“ Et vous, honnêtes gens que vous êtes, vous partagez tous ses faveurs ; et, chose indigne, à qui les prodigue-l-elle ? à des hommes de rien, à des galans de carrefour ; toi, entre autres, fils chevelu de la Celtibérie, Egnatius, toi, dont tout le mérite consiste dans ta barbe épaisse et tes dents qui doivent leur blancheur à l’urine dont tu les frottes. ”
“ Efféminé Thallus, plus mou que le poil d’un lapin, que le duvet d’une oie, que le bout de l’oreille ; plus flasque que le pénis d’un vieillard, qu’une toile d’araignée ; toi qui es, en même temps, plus rapace que l’ouragan déchaîné qui brise les vaisseaux sur les côtes périlleuses de Malée ”
“ Oh ! soyez maudites, ténèbres funestes du Ténare, vous qui dévorez tout ce qui est beau ; et il était si beau, le passereau que vous m’avez ravi ! Ô forfait ! ô malheureux oiseau ! c’est pour toi que les beaux yeux de mon amie sont rouges, sont gonflés de larmes. ”
“ Je vais te revoir échappé aux dangers, je vais écouter ces récits où, selon ta coutume, tu nous peindras les contrées de l’Espagne, ses hauts faits, ses peuples divers. Penché sur ton cou, je baiserai tes yeux, je baiserai ta bouche. Ô vous, les plus heureux des mortels, en est-il un seul parmi vous plus joyeux, plus heureux que moi ? ”
“ Infortuné Catulle, mets un terme à ton délire ; ce qui te fuit, ne cherche plus à le ressaisir. De beaux jours ont brillé pour toi, lorsque tu accourais à ces fréquens rendez-vous où t’appelait une jeune beauté, plus chère à ton cœur que nulle ne le sera jamais ”
“ Jeunes gens, c’est moi, dont vous voyez l’image de chêne grossièrement façonnée par la serpe d’un villageois, c’est moi qui ai fertilisé cet enclos, qui ai fait fructifier de plus en plus chaque année cette rustique chaumière, couverte de glaïeuls et de joncs entrelacés. ”
“ Ingrat Alphenus, parjure aux liens de l’union la plus intime, cruel, tu es déjà sans pitié pour le plus tendre de tes amis ; perfide, tu n’hésites pas même à me tromper, à me trahir ! Songe que les dieux ne voient pas sans colère les trahisons des mortels impies, toi qui négliges, toi qui abandonnes à son funeste sort un ami malheureux. ”
“ Aussi la chèvre nourrie dans mes pâturages porte à la ville ses mamelles gonflées de lait ; lorsqu’il vend l’agneau engraissé dans mes bergeries, il revient au logis les mains chargées d’argent ; et, ravies aux mugissemens de leur mère, ses tendres génisses vont rougir de leur sang les autels des dieux. ”
“ Je répondis, ce qui était vrai, que ni moi, ni le préteur, ni personne de sa maison, n’en étions revenus plus riches : le moyen qu’il en fût autrement avec un préteur perdu de débauche, et qui se souciait des gens de sa suite comme d’un poil de sa barbe. ”
“ À tous ces motifs de propreté s’en joint un plus grand encore : tu as l’anus plus net qu’une salière, car tu ne vas pas dix fois par an à la garde-robe ; encore n’est-il pas de fève, de cailloux aussi durs que tes déjections ; et tu peux le passer de serviette, sans crainte de te salir les doigts. Garde-toi donc, Furius, de mépriser de si précieux avantages. ”
“ Toi, destinée en naissant à régner sur les monts, les forêts verdoyantes, les bocages mystérieux et les fleuves aux flots sonores ; Toi que, dans les douleurs de l’enfantement, les femmes invoquent comme une autre Lucine ; puissante Hécate, toi qui empruntes au soleil l’éclat dont tu brilles ”
“ Livrez-vous sans contrainte à vos joyeux ébats, et que bientôt de vous naissent des enfans qui propagent une race trop illustre pour s’éteindre faute de rejetons ; que, par vous, d’elle-même elle se renouvelle. ”
“ Je veux qu’un jeune Torquatus, du sein d’une mère adorée, tende ses faibles mains vers son père, et que sa bouche entr’ouverte l’accueille par un doux sourire ; Que vivante image de son père, les étrangers mêmes, au premier aspect, reconnaissent en lui le fils de Manlius, et que ses traits rendent témoignage de la chasteté de sa mère ”
“ Compagnons de Pison, dont la triste cohorte revient légère d’argent et de bagage, bon Verannius, et toi mon cher Fabullus, où en êtes-vous ? Ce vaurien vous a-t-il assez fait endurer le froid et la faim ? Quel gain avez-vous inscrit sur vos tablettes ? — votre dépense ? ”
“ Roi des meurt-de-faim, passés, présens et futurs, Aurelius, tu veux me souffler l’objet de mes amours ; et tu ne t’en caches pas ; car, sans cesse à ses côtés, tu le provoques par mille agaceries ; enfin, pour l’avoir, tu mets tout en usage. Tes efforts seront vains ”
“ Amis, voyez-vous cet esquif ? il fut, s’il faut l’en croire, le plus rapide des navires. Jamais nul vaisseau ne put le devancer à la course, soit que les voiles, soit que les rames le fissent voler sur les ondes. ”
“ Que les dieux accablent de tout leur courroux celui de tes cliens qui t’envoya tant d’ouvrages maudits. Si, comme je le soupçonne, c’est Sylla le grammairien qui t’a fait ce cadeau, aussi neuf que piquant, je ne m’en plains pas ”
Termes fréquents
Œuvres similaires
Un jour de noces : fresque gallo-romaine…Les chefs d’œuvres dramatiques…Le conseil d'une amie (Cécile de M***…Monument élevé par la reconnaissance…Psyché (Apulée)Rolando ou Les brigands de la Biscaye…Allocution de M. l'abbé Le Rebours…De la Noix et Marianne, ou Recette pour les Dames qui ont des maris infidels…Le Citoyen Tisset aux amis des moeurs et de la vérité…Geneviève de Brabant (Louis-François Ribié…

