Joachim du Bellay

Joachim du Bellay

Résumé

Portrait de Joachim du Bellay Joachim du Bellay Les amours de Faustine (1923)

C’est ce que le sol latin exige de moi ; à la langue de Rome je dois ce tribut ; c’est à quoi me contraint le Génie de ces lieux.
Ainsi fit jadis le poëte qui donnait des leçons d’amour ; il vivait loin de sa patrie ; on l’avait exilé ;
pour composer des poèmes en langue étrangère, sans rougir il délaissa les Muses latines, et il s’accompagna d’une lyre qui n’était pas la sienne.
Aux poèmes il faut en effet la faveur des Princes et les applaudissements du théâtre. Quand on n’a que trop peu de monde à qui plaire, on se déplaît à soi-même.
Source : Gutenberg

Portrait de Joachim du Bellay Joachim du Bellay Les amours de Faustine (1923)

Le 2 mars 1557, des soldats français traversèrent Rome : ils marchaient sur Naples. Le poète ne les suivit pas. Il leur dit :
Vous, qu’arracha de la douce patrie et de vos chères campagnes le furieux amour de la guerre qui vous envoie en Italie,
Allez ! que la fortune soit avec vous ! et, puisque le destin vous appelle, allez où vous appelle aussi cette Naples, qui est française.
Quant à moi, je suis soldat de Vénus, j’abhorre Mars, et je ne conçois pas une si grande entreprise.
Source : Gutenberg

Portrait de Joachim du Bellay Joachim du Bellay Les amours de Faustine (1923)

Déjà, pour la quatrième fois, Cérès se préparait des couronnes de fleurs nouvelles, et je n’avais pas encore donné ma nuque insolente à l’impitoyable joug.
L’Amour, qu’on ne voit pas, se mit à rire. « Or çà ! dit-il, voici une femme : aime-la. » En même temps, il me montre Faustine.
Il me la montre. La corde de l’arc retentit, et l’Enfant me planta un trait rapide en plein cœur.
Ce n’était pas assez. Voici qu’il livre aux chaînes la belle fille, et il la soumet de force aux verrous d’un couvent.
Source : Gutenberg

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