Résumé

E. Haguenin Revue des Deux Mondes

Belli a découvert le peuple de Rome et l’a exploré peut-être mieux que personne. Il a inventé la poésie dialectale romaine et l’a illustrée plus magnifiquement sans doute qu’on ne le fera jamais. Mais le lecteur étranger risque un peu cependant de se perdre dans son œuvre si vaste, de n’en point apprécier tout le charme. Il n’y trouve pas le Romain dressé en pied, l’âme romaine résumée dans toute la force d’une expression synthétique. Le parfum de terroir est abondamment répandu dans tous ces sonnets, il n’y est pas concentré. Belli est réaliste, fidèle à la nature.
Source : Wikisource

E. Haguenin Revue des Deux Mondes

Les hommes éprouvent bien quelque chose de ces souffrances : l’un des Romains de Belli dit, avec une force où l’on sent encore frémir son émotion, la stupeur qui l’a saisi, la nuit dernière, quand, éveillé en sursaut, il a cru que son Raimondo se mourait. Mais ce ton est rare. L’homme a plus de sang-froid que la femme. Ses impressions, même aussi vives, s’étendent moins ; elles n’occupent pas tout l’esprit qu’elles frappent, et elles l’occupent moins longtemps : en dehors de la famille trop d’objets divers l’attirent.
Source : Wikisource

E. Haguenin Revue des Deux Mondes

Si intéressans que soient les vers des poètes que je viens de citer, — et surtout ceux de Carlo Porta, — ils ont souvent le tort de traduire bien plutôt les idées et les sentimens de leurs auteurs que ceux du peuple dont ils emploient la langue. Il se trouve qu’au contraire le peuple de Rome, si glorieux d’anciens souvenirs, naguère encore si pittoresque, si exceptionnel toujours, a eu la bonne fortune d’être représenté tout entier, dans ses mœurs aussi bien que dans sa langue, par un poète imbu de son esprit, observateur scrupuleux de ses habitudes et de ses attitudes.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature