Latinisation

Définition et enjeux

Portrait de Ernest Renan Ernest Renan,  Melanges

“ Ce serait un paradoxe qui ne manquerait pas de quelque vérité de soutenir que le français est en un sens antérieur au latin, je veux dire au latin réformé sur le modèle du grec que nous trouvons dans les écrivains classiques de Rome. Il est sûr du moins que ce n’est pas cette langue savante et littéraire qui a survécu dans l’usage, et qui est venue jusqu’à nous comme idiome parlé, sous le nom de français, d’italien, d’espagnol : c’est la langue du dessous, la langue sans grammaire, moins riche en désinences, traînante dans sa syntaxe, écourtée dans sa prononciation. ”
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Portrait de Gaston Paris Gaston Paris,  Revue des Deux Mondes

“ Mais, si nous comparons les autres langues romanes, nous voyons que toutes, comme le français, emploient le verbe d’une façon absolue et lui donnent le même sens. Il suit de là que ces deux changemens dans l’emploi de tornare, si restreint en latin classique, s’étaient produits dans le latin parlé déjà sous l’Empire. Il y a une sémantique, comme il y a un vocabulaire, du latin vulgaire ; des rapprochemens de ce genre, — que le dictionnaire fait d’ailleurs souvent lui-même, — permettront de la constituer. ”
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Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière,  L’Érudition contemporaine et la littérature française au moyen âge

“ Et s’il est, — comme il l’est, — par les mots, plus voisin de ses origines que notre langue du xviie siècle, ou par la syntaxe, d’une régularité de structure plus logique aux yeux du linguiste que la plus belle prose de la grande époque, c’est justement que ni la grammaire ni le vocabulaire encore n’ont pu parvenir à se dégager du latin. Ils s’agitent pour en sortir, mais ils n’y réussissent pas. ”
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