Michel Bréal

Résumé

Michel Bréal Revue des Deux Mondes

Sentir, voir, goûter ce qui est antique, se former l’oreille, la langue, l’esprit, le cœur, d’après l’antique, et ensuite rivaliser avec l’antique : c’est la tâche qui s’impose aux générations nouvelles, tâche d’un caractère presque religieux. Nous ne nous approchons de la Grèce qu’avec un sentiment de sainteté. L’utilité proprement dite ne doit pas entrer en ligne de compte : l’homme n’est pas élevé pour la société, il est élevé pour lui-même; il doit porter au plus haut point l’idée de l’humanité qui est en chacun de nous.
Herder, comme on voit, a quelque chose de l’hiérophante.
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Michel Bréal Revue des Deux Mondes

EN FRANCE Le système d’instruction d’une nation est une chose qui ne s’improvise pas : il met des siècles à se former. Celui que nous suivons remonte, à travers l’Université impériale de 1808, à Rollin, aux oratoriens, à Port-Royal, aux jésuites, à la renaissance, et de là, par-dessus le moyen âge, dont il a pourtant emprunté certaines choses, aux écoles des rhéteurs anciens, à Quintilien. Il est possible que ce système soit à réformer. Mais ce qui est très sûr, c’est que la réforme demandera un long temps : on peut compter qu’il y a là du travail pour une partie du XXe siècle.
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Michel Bréal Revue des Deux Mondes

Le jour où l’éducation latine disparaîtrait, personne n’y perdrait autant que la France, qui, par sa langue, par ses lois, par sa littérature, par ses arts, par sa religion, par mille autres liens, tient de si-près à Rome. Ce serait pure folie de travailler de nos propres mains à détruire des études avec lesquelles tout notre passé est si intimement lié.
Je ne sais jusqu’à quel point est fondé le reproche qu’on a adressé au gymnase allemand, d’élever la jeunesse dans la familiarité du passé et dans l’ignorance du présent. Mais, assurément, ce reproche ne touche pas nos lycées français.
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